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Dans le monde du CrossFit à 16 ans

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Léa Malo s’est affirmée en 2018 comme vice-championne du monde de CrossFit dans la catégorie des 14-15 ans. En cette dernière semaine d’épreuves de la série de qualifications des Opens de la saison 2019, rencontre avec la jeune athlète et son entraîneur qui nous ouvrent la porte du monde des Teens.

Tous les samedis, l’athlète de 16 ans de Saint-Charles-Borromée et sa mère font une heure de route jusqu’au Gym Le Vestiaire CrossFit Villeray.

Léa s’entraîne en groupe, reçoit des traitements et s’entretient avec son entraîneur, Karim El Hlimi. La semaine, elle fait sa préparation physique à Joliette seule, tous les après-midi, comme unique athlète du programme sport-études de son école ayant suivi cette voie.

Photo Agence QMI, JoëL Lemay

« Je fais ma petite affaire toute seule », affirme Léa Malo. Pendant plus d’une quinzaine d’heures par semaine, à une intensité à laquelle peu arrivent à se pousser, jour après jour. Depuis ses 13 ans, c’est son quotidien.

De plus en plus jeunes

À ses débuts, les Jeux CrossFit attiraient des athlètes qui y voyaient une occasion de faire une deuxième carrière sportive. Sur le podium, des athlètes fin vingtaine, début trentaine.

Aujourd’hui, comme l’a fait Léa, des jeunes dès 13 ans foncent tête première dans le CrossFit. La majorité de ceux-ci s’appuient sur une solide fondation sportive. C’est le cas de Léa, qui pratiquait la gymnastique depuis ses 8 ans en sport-études.

« Le CrossFit va chercher un large éventail de qualités physiques et techniques. Quelqu’un qui s’initie au CrossFit et souhaite être compétitif, s’il n’a pas sollicité sa motricité et habitué son corps à apprendre plus tôt, aura de la difficulté à se développer assez rapidement », dit Karim El Hlimi, qui suit Léa depuis ses 13 ans.

La compétition internationale s’est toujours targuée d’être pour « tout le monde ». En 2015, elle a conséquemment lancé les catégories TEENS (14-15 ans et 16-17 ans). Ce faisant, elle a aussi précipité la course à la performance.

Penser à aujourd’hui et à demain

« J’adopte une approche de développement à long terme, et j’aime croire que c’est que le cas de la majorité au Canada. On ne peut pas penser à tout donner maintenant, à 14, 15 ou 16 ans, sans considérer l’athlète dans trois ou quatre ans... C’est pourtant ce qu’on voit aux États-Unis », précise l’entraîneur.

Les podiums et leaderboards TEENS de CrossFit sont monopolisés par les jeunes Américains et Américaines. Ceux-ci s’entraînent une trentaine d’heures par semaine, commençant les entraînements de force très tôt.

« C’est facile de les voir aller aujourd’hui avec les réseaux sociaux. Léa regarde ce qu’ils font, et elle a le goût d’en faire plus. Elle veut performer », confie sa mère, Josée Santillan. Et son entraîneur la ralentit.

« Il faut tenir compte de la maturité physique de l’athlète. Et il y a des stades de développement pour un athlète à tout âge. Même si un jeune athlète a une bonne capacité d’adaptation physique, il faut considérer à quel point des entraînements à force maximale, ce qu’on vient de débuter avec Léa, à 16 ans, est taxant sur le système nerveux et sur les hormones de croissance », explique Karim El Hlimi.

Léa Malo a une confiance absolue en son entraîneur. Elle fait preuve de beaucoup de discipline, ce qui l’aide à suivre la programmation de son entraîneur sans céder aux influences de ceux qui en font trop sans penser au lendemain.

« Je vois aussi des filles de mon âge tomber. Cette année, pendant les OPENS, quatre sont sorties de la course pour un burn-out sportif », partage Léa.

Cette année

Léa Malo est présentement en septième position dans les OPENS. Elle devrait passer sans souci à la deuxième étape de qualification, les ONLINE QUALIFIERS 2019, qui se dérouleront sur quatre jours, du 3 au 6 mai 2019. Elle devra alors se classer parmi les 10 première au monde dans la catégorie des 16-17 ans pour pouvoir se présenter aux GAMES cet été.

À tout juste 16 ans, dans une nouvelle catégorie, le défi est de taille.

« Léa est entêtée, c’est l’une de ses forces, et je dirais que c’est essentiel pour pouvoir aller loin en CrossFit », dit Karim El Hlimi.

C’est aussi ce que ça prend pour tenir tête à la pression d’en faire trop, trop tôt. Léa Malo continue à faire ses « petites affaires » seule, confiante que son dévouement va payer, aujourd’hui et demain.

« En CrossFit, il faut non seulement être bon dans tout, mais continuer à l’être sous état de fatigue. Il faut développer la capacité d’économiser son carburant », dit Karim El Hlimi.

Tout brûler son gaz à la première épreuve, ou à ses premières années de compétition, c’est faire fausse route.

 

Les Jeux CrossFit 2019

Photo Agence QMI, JoëL Lemay

Cette année, le géant américain a passé le tordeur dans les épreuves de qualifications vers les Jeux, notamment en retirant l’étape des compétitions régionales (REGIONALS).

L’étape de qualification des OPENS se termine le lundi 25 mars. Les meilleurs de chaque pays, de même que les 20 meilleurs aux OPENS, seront invités aux Jeux, qui se dérouleront du 29 juillet au 4 août 2019 à Madison au Wisconsin.

Il sera en outre possible de s’y qualifier en étant grand champion de compétitions indépendantes et sanctionnées (SANCTIONNALS).

Seize événements sont pour l’instant confirmés de par le monde. Chez les TEENS et les MASTERS, ce sont les 10 meilleurs au monde de chaque catégorie qui se méritent une place aux GAMES, selon leurs performances aux ONLINE QUALIFIERS.


► Renseignement : games.crossfit.com