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La boîte à surprises de François Legault

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Un budget c’est comme une boîte à surprises ! Voici quatre surprises du 1er budget du gouvernement Legault qui m’interpellent.

Prenons la baisse de taxe scolaire. Si vous faites partie des 2 millions de Québécois qui possèdent une modeste résidence, votre prochain compte de taxe scolaire va baisser d’environ 60 $ pour l’année.

Sachez que ce sont des « pinottes » à comparer à la baisse moyenne de 1054 $ qu’obtiennent les 1773 proprios dont la cabane vaut plus de 2 millions $.

Voilà concrètement l’impact sur vos finances personnelles de la première tranche de la baisse de taxe scolaire promise par le gouvernement Legault lors de la campagne électorale.

Comme vous voyez, la réforme de la taxation scolaire de la CAQ privilégie outrageusement les riches propriétaires résidentiels aux dépens de l’ensemble des Québécois.

Cela étant dit, le reste de la baisse de taxe scolaire à recevoir, soit deux autres tranches, n’est guère garantie.

Dans ses prévisions budgétaires des cinq prochaines années, imaginez-vous que le gouvernement Legault ne tient compte que du tiers des 800 millions $ de la baisse de taxe scolaire promise lors de la campagne électorale.

Est-ce le signe avant-coureur d’une remise en question de la coûteuse réforme de l’instauration d’un faible taux unique de taxation scolaire ?

La question mérite d’être soulevée. Car, dans le budget qu’il a déposé jeudi, le ministre des Finances Éric Girard limite à seulement 267 millions $ le coût annuel de l’impact financier de cet engagement phare de François Legault.

Échelonnée sur trois ans (en trois tranches de 267 millions $), la baisse graduelle de taxe scolaire est évaluée à 800 millions l’an une fois rendue à terme, soit à compter de l’exercice financier 2021-22.

Mais dans ses prévisions pour les exercices financiers allant de 2020-21 à 2023-24, les deux autres tranches de 267 millions $ l’an n’y apparaissent pas.

UN TIEN VAUT...

Le gouvernement Legault a décidé de faire sien le proverbe de Jean de La Fontaine : « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. »

Comment ? En puisant 10 milliards dans le Fonds des générations pour rembourser une partie de la dette gouvernementale.

Jusqu’à présent, Québec laissait fructifier l’argent du Fonds des générations en le confiant à la Caisse de dépôt et placement. La stratégie fut payante, car la performance de la Caisse dépassait depuis 2007 le coût moyen des emprunts du gouvernement de 2,1 points de pourcentage.

Vu les risques du marché, le ministre Girard (un ex-banquier) a décidé de jouer la sécurité en remboursant une portion de la dette.

RÉGIMES DE RETRAITE

Au cours des trois dernières années, le passif des régimes de retraite, qui est à la solde du gouvernement du Québec, a augmenté de 11 milliards de dollars, pour atteindre les 97,4 milliards.

Or, le passif net desdits régimes, lui, a fondu de 2,6 milliards. Pourquoi ? Parce que le fonds dans lequel Québec verse sa contribution aux régimes de retraite (et qui est géré par la Caisse) a rapporté un rendement nettement supérieur aux emprunts que le gouvernement effectue sur le marché obligataire.

HYDRO, LA VACHE

Par l’entremise d’Hydro-Québec, c’est l’astronomique somme de 1,33 milliard $ que nous verserons cette année dans le Fonds des générations.