/opinion/columnists
Navigation

L’éducation comme priorité nationale

Girard Legault budget
Photo Agence QMI, Simon Clark François Legault

Coup d'oeil sur cet article

Le budget de l’an 1 du gouvernement Legault a été déposé par le ministre des Finances, Éric Girard, à l’Assemblée nationale, jeudi dernier, et a été, somme toute, bien reçu.

De toute évidence, il ne répond pas à tous les besoins, aucun budget aussi généreux soit-il ne le pourra, mais il aura mis les priorités essentielles de l’État à la bonne place, dont la santé et l’éducation.

Un coup de barre

On peut bien sûr lui reprocher d’avoir négligé d’autres besoins criants, dont celui du développement durable où des actions concrètes sont attendues. Le Québec ne peut pas rater ce rendez-vous.

Mais en éducation, ce ne sont pas les ressources qui manquent. De toute évidence, c’est un budget qui porte la signature de François Legault qui s’est même engagé à en protéger l’enveloppe budgétaire, « peu importe la situation économique à venir ». (Discours sur le budget 2019-2020)

Mais au-delà des colonnes de chiffres, on sent chez lui une volonté réelle de faire de l’éducation un puissant levier pour le Québec tant sur le plan de son enrichissement culturel que professionnel et économique.

Il suffit de voir son malaise quand il parle du décrochage scolaire. C’est l’un des rares premiers ministres à avoir fait de l’éducation non seulement la priorité de son gouvernement, mais une priorité nationale.

Il faut remonter au début des années 1960, avec le ministre Paul Gérin-Lajoie, pour retracer un tel engagement politique. À l’époque, 54 % des Québécois de 25 ans et plus ne dépassaient pas le niveau de sixième année et la moitié des jeunes de 15 à 19 ans n’avait pas accès à l’école.

Des mesures novatrices

Aujourd’hui, alors qu’un nouveau monde pointe à l’horizon avec l’économie numérique, il est préoccupant de constater qu’à peine 64 % des élèves du secteur public sont diplômés au sortir du secondaire, en cinq ans, « la pire performance au niveau canadien ». (Institut de Montréal, Décrochage scolaire au Québec, avril 2018)

Dans mon ancienne vie de députée, l’un des dossiers les plus difficiles que j’avais à défendre était celui de trouver des ressources pour les enfants autistes et avec un TED.

Il fallait se battre, chaque fois, avec le CRDI Montérégie pour dégager des budgets afin de les soigner à temps, et accompagner leurs parents, souvent au bord de l’épuisement.

Il faut donc saluer l’initiative du Dr Lionel Carmant et ses mesures de dépistage précoce, un budget de 48 millions $, la première année et 88 millions $ subséquemment. Il faut cependant s’assurer qu’au-delà du dépistage, les services seront disponibles.

Plusieurs de nos écoles sont dans un état de délabrement lamentable. Lors d’une visite à une école primaire, le directeur m’avait dit : « Si j’ai à choisir entre embaucher des ressources pour mes élèves en difficulté d’apprentissage ou réparer le toit qui coule, je réparerai le toit qui coule. »

L’investissement de 20,3 milliards $, sur dix ans, dans les infrastructures des réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur ne comblera pas tout, mais c’est un bon départ.

Il en va de même pour les services techniques et professionnels aux élèves (47 millions $), l’ajout de classes spécialisées (20 millions $), le soutien financier aux activités parascolaires (21 millions $), les sorties culturelles et l’achat de livres (15 millions $).

Autant de mesures structurantes pour une mission de l’État, longtemps négligée, et pourtant essentielle.