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Un top 5 à faire rêver

Andre Dawson au second rang du palmarès des 50 meilleurs joueurs des Expos selon Le Journal

Andre Dawson
Photo d’archives Avec les Expos, Andre Dawson a retroussé 225 balles de l’autre côté de la clôture.

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MIAMI | En ce 50e anniversaire des Expos, Andre Dawson se grattait la tête tout en réfléchissant vigoureusement au palmarès des cinq meilleurs joueurs de l’histoire.

Avec ses trois joueurs qui sont entrés au Temple de la renommée du baseball avec une casquette bleu-blanc-rouge, en plus des quatre qui ont porté l’uniforme à un moment ou un autre durant leur carrière, « The Hawk » donnait sa langue au chat lorsque questionné par Le Journal à ce sujet.

Comme un billet de loterie, il avait néanmoins les bons numéros du top 5. Dans le désordre...

« Gary était le plus populaire. Tim [Raines] doit y être et moi aussi, réfléchit-il à haute voix sans chauvinisme. Il y a d’excellents joueurs qui ont porté cet uniforme. Nous pourrions jouer à pile ou face. »

En apprenant que le panel d’experts, regroupant Jacques Doucet, Rodger Brulotte et Marc de Foy avait placé « The Kid » au sommet du palmarès, Dawson n’a pas été surpris. « Il était tellement populaire. Gary était bon avec tout le monde. Il voulait apprendre le français. C’est bien mérité. Mais selon les statistiques, d’autres joueurs passent devant. »

Bien que Raines soit un grand ami depuis le jour où ils se sont rencontrés, Dawson hésitait sur la suite du classement. Quand il a su qu’il venait au second rang de l’histoire, ses yeux se sont illuminés. Celui qui a fait son entrée au Temple de la renommée en 2010 avec sa casquette des Expos a esquissé un sourire.

« Encore là, on pouvait lancer un 25 sous, a souligné l’un des trois membres du sélect club des 400-300 grâce à 438 circuits et 314 buts volés.

C’est un classement tellement difficile à réaliser, enchaîne-t-il en vantant les qualités de Raines, Vladimir Guerrero et Larry Walker. J’ai joué à Montréal durant 10 ans. Ça fait chaud au cœur, car j’ai tout donné pour cette équipe. Même après mon départ, je sais que les partisans m’aimaient bien. »

Souvenir impérissable

Parmi ses nombreux souvenirs à Montréal, Dawson a placé celui du match des étoiles de 1982 au sommet de sa liste d’événements impérissables. Le match au Stade affichait complet à cette première tenue de l’histoire hors des États-Unis. Il représentait les Expos avec quatre de ses coéquipiers et il avait frappé un coup sûr dans une victoire de la Nationale.

« C’était l’un de mes moments les plus spectaculaires », assure le redoutable frappeur.

Il se souvient aussi de l’automne 1981 alors qu’il avait préparé sa valise pour la Série mondiale à New York. Après avoir gagné la série de division face aux Phillies de Philadelphie, les Expos avaient leur sort entre leurs mains en série de championnat de la Nationale face aux Dodgers de Los Angeles. Au cinquième et ultime match, devant 36 500 spectateurs au Stade, Rick Monday avait claqué un circuit au champ centre, au-dessus de sa tête en début de neuvième manche.

« Je ne l’oublierai jamais celle-là. Nous y étions. Il nous fallait un point et on s’en allait au Yankee Stadium pour une Série mondiale. La série nous a glissé entre les mains, raconte-t-il. Les Dodgers sont ensuite allés gagner à New York.

À mes 10 saisons complètes à Montréal, j’ai joué dans de grandes équipes productives qui sont arrivées tout juste à court de réaliser un exploit, a ajouté l’homme aux huit gants d’or à propos des éditions 1979 à 1981. Nous avions un excellent noyau. Mais ce qui nous manquait, c’était la signature d’un agent libre vedette. »

En 1986, il aurait espéré que la direction des Expos lui lance sa meilleure offrande contractuelle pour qu’il puisse terminer sa carrière dans le même uniforme. Le destin en a voulu autrement. Vingt-trois ans plus tard, il en garde de chaleureux souvenirs.

Andre Dawson
Photo Agence QMI, Marc-André Beaudin

♦ Andre Dawson s’ennuie de Montréal et de ses partisans. Mais il ne s’ennuie surtout pas du Stade et des hivers. La surface synthétique du « Big-O » l’a fait souffrir. Elle est la cause principale de ses nombreuses opérations aux genoux dans sa carrière. Quand il a décroché son contrat avec les Cubs de Chicago, en 1987, et qu’il a poursuivi sa carrière sur le gazon naturel du Wrigley Field, il avoue qu’il a pu la prolonger de plusieurs saisons.

Il se remet justement d’une énième opération aux genoux. Cette fois, il a subi une reconstruction complète du genou droit en novembre 2018. Au moment de notre rencontre, il venait de terminer une séance de physiothérapie. Il n’est pas encore prêt à courir les buts, mais il est heureux des progrès.

Présentant certaines difficultés à se déplacer, jamais je n’aurais cru déballer et déplacer des cercueils avec « The Hawk » dans une petite pièce sombre de son salon funéraire. Ce moment, de loin le plus étrange et insolite depuis mon arrivée au Journal en 2014, lui a décroché un sourire ! Dawson s’est même permis une petite blague en ouvrant le panneau de l’un des cercueils. Même si on l’avait tout juste déballé, le doute subsiste l’instant d’une seconde...

♦ Congédié par les Marlins en septembre 2017 après 17 ans de services, Dawson ne regarde et n’écoute plus aucun de leurs matchs. Selon lui, le nouveau groupe de Derek Jeter a manqué de respect. Il s’est senti humilié. Depuis l’an dernier, il a retrouvé ses Cubs alors qu’il agit comme conseiller spécial et ambassadeur. Il s’est récemment rendu au camp d’entraînement en Arizona pour participer au processus d’évaluation des joueurs. Il avait aussi célébré la conquête de la Série mondiale en 2016, un « moment magique ».

♦ Dawson souhaite fortement la renaissance des Expos. Il communique souvent avec Warren Cromartie pour discuter du sujet. Avec Stephen Bronfman au monticule, le groupe est entre bonnes mains, croit-il. « On connaît tous le scénario qui a mené à la perte de l’équipe. Ce serait incroyable que les Expos reviennent. » Mais il ne faudrait pas compter sur lui pour occuper un poste dans l’organisation. L’homme n’en est plus rendu à cette étape de sa vie. Il est à l’aise dans ses fonctions et ne veut pas quitter Miami. Comme il ne faut jamais dire « jamais »... « Ça n’arrivera pas », a-t-il répondu avec un large sourire en hochant de la tête.