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Alcool étatisé, eau privatisée!

Bloc Naufrage mer eau secours
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C’est sans tambour ni trompette que la ville de Montréal a été certifiée Communauté bleue, la nouvelle n’ayant presque pas été relayée dans les médias. Pourtant, l’évènement révèle un positionnement majeur de la métropole du Québec face à la crise mondiale de l’eau, car elle consacre l’accès à l’eau potable comme un droit humain fondamental. En sus, sa gestion doit relever de la sphère publique.

Malgré que nous sachions tous que l’eau est essentielle à la vie, il est désopilant de voir le laxisme des gouvernements dans la protection de cette ressource inestimable. Désertification, sècheresse, pollution et gaspillage privent dramatiquement certaines populations d’un accès à l’eau sans que les gouvernements assument leurs responsabilités dans la sécurité de l’approvisionnement. Sous le règne de Stephen Harper, les municipalités se voyaient contraintes de conclure des partenariats privés-publics pour pouvoir bénéficier de subventions du fédéral pour les infrastructures reliées à l’eau. Les conservateurs mettaient nos vies à la merci des grands conglomérats privés en commercialisant à outrance l’accès à l’eau.

Face à un enjeu aussi capital que celui d’assurer l’accès à l’eau potable pour toute la population, on s’étonne que la ressource ne soit pas étatisée et que les multinationales puissent encore impunément pomper les nappes phréatiques ou polluer notre eau dans l’extraction de minerai ou de gaz. Nous disposons de sociétés d’État pour la distribution de l’électricité, de l’alcool, du cannabis et des billets de loterie, mais nos gouvernements sont encore trop gênés pour mettre la main sur la distribution de cette ressource encore plus importante que les précédentes. 

Il est encore plus ahurissant de constater que ce sont des organismes au budget limité, comme la coalition Eau secours, qui, avec presqu’exclusivement des bénévoles, oeuvrent au travail de conscientisation. Ces organisations non gouvernementales mènent un lobbying persistant auprès des divers paliers de gouvernement pour que des mesures concrètes soient prises afin de protéger nos ressources en eau potable. Jusqu’à présent, 21 municipalités au Canada, dont six au Québec, détiennent cette certification de Communauté bleue à la suite de démarches convaincantes d’ONG préoccupées de la protection de l’eau. 

J’imagine combien pourrait être décuplé ce nombre de municipalités et d’autres communautés si nos gouvernements fédéral et provincial prenaient la crise de l’eau au sérieux! D’ici là, nous nous devons d’appuyer le travail de tous ces bénévoles qui veulent assurer l’accès à l’eau pour nos enfants et petits-enfants dans les prochaines décennies. De plus, il faut saluer toutes les administrations publiques qui joindront le mouvement de ces Communautés bleues qui consacrent l’accès à l’eau comme un droit humain, qui veulent une gestion publique de la ressource et qui montrent l’exemple en mettant un terme à l’utilisation de bouteilles de plastique dans leurs édifices. 

Bonne semaine pour ces milliers d’élèves qui ont fait une grève climatique et qui peuvent apprécier la volonté de la métropole québécoise de leur assurer une terre en meilleur état pour leur avenir.