/news/currentevents
Navigation

Agressions sexuelles : l’ex-coach de ski Bertrand Charest libéré sous caution

Il avait été condamné pour des crimes sexuels sur neuf jeunes athlètes

Bertrand Charest
Photo d’archives L’ex-entraîneur de ski alpin Bertrand Charest a profité de son statut pour abuser sexuellement de jeunes athlètes dont il avait la responsabilité, dans les années 1990.

Coup d'oeil sur cet article

L’ancien entraîneur de ski alpin Bertrand Charest pourra recouvrer sa liberté en attendant que la Cour d’appel tranche sur sa condamnation pour des agressions sexuelles sur neuf jeunes athlètes.

« Il ne présente ni un risque de fuite, ni un risque de commettre une autre infraction, ni un risque d’entraver l’administration de la justice s’il est mis en liberté dans l’attente de l’appel », indique le juge Martin Vauclair dans sa décision rendue lundi.

Charest, 53 ans, avait été condamné en décembre 2017 à 12 ans de pénitencier pour des séries de crimes sexuels remontant aux années 1990. À l’époque, il entraînait les équipes nationale junior féminine et laurentienne quand il a abusé d’adolescentes sous sa responsabilité.

Il a eu des relations sexuelles avec quatre d’entre elles, dont une qui est tombée enceinte. C’est Charest lui-même qui l’avait emmenée se faire avorter. Il maintient toutefois qu’il n’y a pas de preuve voulant qu’il soit responsable de cette grossesse.

Depuis la condamnation de Charest, plusieurs victimes, dont l’athlète olympique Geneviève Simard, ont fait une sortie publique afin d’exiger une meilleure protection pour les jeunes sportifs, souvent loin de leur famille.

Décision de 10 pages

Sauf que Charest ne digère ni les 37 verdicts de culpabilité ni sa sentence de 12 ans. Il a, depuis, porté sa cause devant le plus haut tribunal de la province.

En cours de route et après avoir analysé les arguments de l’agresseur, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a finalement reconnu que le juge de première instance s’était trompé.

De l’aveu même de la Couronne, Charest n’aurait jamais dû être déclaré coupable de près de la moitié des accusations, même si cela ne change rien au nombre de victimes.

« Au total [le DPCP] concède huit acquittements, deux nouveaux procès et 10 arrêts conditionnels des procédures », peut-on lire dans le jugement rendu lundi.

Dans sa décision de 10 pages, le magistrat affirme qu’il est « raisonnable de croire » que ces concessions de la Couronne influenceront la sentence. En fait, il est pratiquement certain que la peine sera diminuée d’au moins 16 mois.

« Rien ne justifie à ce moment-ci que [Charest] attende en détention le résultat de son appel », a noté le juge.

Conditions de remise en liberté

Cette volte-face a incité Charest à demander une libération sous caution, qui lui a finalement été accordée, malgré l’opposition de la Couronne qui souhaitait voir la détention maintenue.

« Il est manifeste que ces changements de circonstances identifiés comme importants ont un impact plus que minimal », a noté la Cour d’appel en expliquant que les développements de l’affaire justifiaient la remise en liberté.

Par contre, d’ici la décision finale, Charest devra respecter un couvre-feu et ne pas quitter le Québec. Il lui sera également interdit de communiquer avec les victimes, et ne pas se trouver en présence de mineurs.

Bertrand Charest est défendu par les avocats Louis Belleau, Antoine Grondin-Couture et Antonio Cabral, tandis que le procureur Alexis Marcotte Bélanger officie pour la Couronne.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.