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Mon ami Sam

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Quand je serai une vieille dame et que je feuilletterai mon album de finissants, je devrai changer le nom d’au moins trois personnes, et leur genre aussi.

J’ai réalisé dernièrement qu’il est de moins en moins rare, de nos jours, d’avoir un ou une amie qui a vécu le processus de changement de sexe. J’en ai ressenti une vive émotion de fierté. Fière de côtoyer des gens qui se prévalent du droit d’être eux-mêmes, tout simplement.

Avant d’écrire cette chronique, j’ai eu le réflexe d’envoyer un texto à mon ami Sam pour m’excuser de ne pas avoir accueilli la nouvelle avec tout l’honneur qu’elle méritait lorsqu’il m’a annoncé qu’il n’était plus elle. Samantha allait devenir Samuel.

Il m’a répondu qu’il était touché par mon mot et a précisé que le soir, Samantha s’endormait en espérant se réveiller dans le bon corps. Sam m’a confié qu’après sa mastectomie, il commençait à savoir ce que c’était d’être heureux. Pour la première fois, il a goûté au bonheur d’être qui il est vraiment et il a trouvé ça savoureux.

Le danger d’être soi

Ce n’est qu’en 2018 que l’Organisation mondiale de la santé a retiré le trouble de l’identité du genre de sa liste des maladies mentales.

Sévices corporels, emprisonnements, stérilisation forcée pour s’assurer que les personnes transgenres ne fassent pas d’enfants : partout sur la planète, leurs droits humains sont violés.

Et ici, les trans sont-ils en sécurité ? Comment expliquer le fait que la plupart des transgenres québécois ont été agressés verbalement ? Que 48 % d’entre eux ont été victimes d’assauts armés et sexuels ?

Sam, je t’admire. Tu as le même grand cœur, le même humour, pour moi, tu es la même personne. Tu as les mêmes yeux, mais maintenant, je me rends bien compte qu’il y brille une lumière unique. Je crois que c’est celle de ton âme et celle-là n’a pas de genre.