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Québec déprimant

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Ça fait près de 30 ans que je suis attentif à la politique et, la semaine dernière, j’ai pris connaissance de phrases qui, placées ensemble, font partie des plus déprimantes que j’ai eu l’occasion d’entendre jusqu’ici.

« Il y a une décennie à peu près, il y avait un seul député solidaire qui était ici. [...] Dix ans plus tard, Québec solidaire n’est plus un mouton noir, n’est plus une curiosité politique. C’est maintenant la deuxième opposition à l’Assemblée nationale. » C’est ce que Gabriel Nadeau-Dubois a dit en se félicitant d’avoir relégué le Parti québécois au rang de troisième groupe d’opposition.

Catastrophe

Mettons les choses en perspective un peu. Quand le PQ fut relégué au rang de deuxième opposition après les élections de 2007, un autre des planchers historiques qu’il a connus depuis 20 ans, cela avait été vu comme une catastrophe. André Boisclair avait alors obtenu 28,35 % des voix et fait élire 36 députés.

Voilà que 12 ans plus tard, QS a fait élire 10 députés et obtenu 16,1 % des voix et c’est la fête. Gabriel Nadeau-Dubois célèbre le fait que son parti soit passé de marginal à niché.

Tragique

Pour l’électeur social-démocrate et souverainiste, c’est incroyablement déprimant. La coalition politique à laquelle il s’identifie n’en finit plus de se fractionner. Ça risque de continuer avec la création d’un nouveau parti souverainiste. Les avancées de l’un des groupes se font nécessairement au détriment d’un autre, ils se disputent les mêmes restants... et s’en réjouissent !

Pendant ce temps, aucun de ces partis n’est en mesure de formuler une offre politique capable de recueillir assez d’appuis pour former le gouvernement. Et ça n’arrivera pas avec QS tant que l’on trouvera dans son programme des éléments loufoques comme la socialisation des moyens de production.

Vraiment, un mouvement politique qui célèbre son éparpillement, ça a quelque chose de tragique.