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Retour du baseball: le train n’est plus arrêtable

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Stephen Bronfman venait de terminer son point de presse lorsque je l’ai rejoint derrière la cage des frappeurs. Il était de bonne humeur. Comme il semble toujours l’être d’ailleurs. 

Quelques minutes plus tôt, il s’était confié, le temps d’une phrase en anglais, sur le sentiment qui l’animait devant les journalistes francophones qui l’entouraient. 

«Spring is in the air and I’m walking with a light step!» 

Traduction libre : «Je marche d’un pas léger dans l’air printanier!» 

Tout est en place 

C’est vrai qu’il fait toujours beau dans notre Stade olympique, qu’on l’aime ou qu’on le déteste. Et monsieur Bronfman était heureux d’y être. 

Il n’avait rien de particulier à annoncer, mais il a répondu avec le sourire aux questions des journalistes pendant une quinzaine de minutes dans les deux langues. 

Visiblement, il a hâte au jour où il pourra commenter la nouvelle du retour d’une équipe du baseball majeur à Montréal. Il y croit fermement depuis qu’il s’est impliqué dans le projet. 

Mais là, il dégage une confiance que l’on ne lui avait pas vue auparavant. 

«Le train est rendu trop loin pour qu’il s’arrête», m’a-t-il dit lors de notre entretien. 

Une station du REM 

Ses propos allaient de pair avec la déclaration faite en après-midi par la mairesse Valérie Plante lors de la visite des anciens Expos à l’hôtel de ville. 

Mme Plante a fait savoir que le tracé du futur Réseau express métropolitain ne constitue plus un enjeu dans le dossier du retour d’une équipe de baseball. 

Si un stade est bâti au bassin Peel, une station sera érigée à cet endroit. La collaboration entre le groupe d’investisseurs dirigé par M. Bronfman et les autorités municipales, c’est là qu’elle se trouve, dans les infrastructures publiques. 

La main dans la main 

Quant à M. Bronfman, il a confirmé que la société d’investissements dont il est à la tête, la firme Claridge, négocie avec le promoteur immobilier Devimco pour un projet de développement commun au bassin Peel qui inclurait un stade de baseball. 

«Il y a une volonté réelle de toutes les parties impliquées que ce projet devienne réalité», a dit M. Bronfman. 

«C’est très agréable de voir ça. Tout le monde travaille dans la même direction.» 

Comme le dit depuis le début Denis Coderre, qui était sur le terrain avant le match Blue Jays-Brewers avec ses 98 livres en moins, la question n’est pas de savoir si ça va arriver. 

C’est pour quand ? 

«C’est vrai que les dossiers des Rays de Tampa Bay et des A’s d’Oakland traînent en longueur, a reconnu Stephen Bronfman. 

«Mais notre projet en est un à long terme. Je sais que ça va arriver. J’ai grandi avec le baseball. On a les mêmes souvenirs. J’espère qu’un jour, on va pouvoir partager avec nos enfants et nos familles les moments que l’on vivra avec notre prochaine équipe. 

«Le baseball, c’est un sport de famille.» 

Sport rassembleur 

Je me rappelle avoir vu M. Bronfman sur la galerie de presse du stade Jarry alors qu’il avait huit ou neuf ans. À 18 ans, je travaillais à Sport Illustré, un hebdomadaire qui a servi de tremplin à plusieurs journalistes de ma génération. Je détenais une passe de presse pour les Expos et le Canadien. 

Le bonheur total! 

Lors des matchs du dimanche après-midi, Charles Bronfman, son épouse et leurs enfants se rendaient dans une loge tout ce qu’il y avait de plus modeste à l’extrémité de la galerie de presse. 

Ça allait avec le côté folklorique du stade Jarry. L’endroit avait les allures d’un stade des ligues mineures, mais on ne s’en formalisait guère. C’était notre stade de baseball. Les Expos étaient notre équipe même s’ils perdaient 90 matchs annuellement à leurs premières saisons. 

Quinze ans après leur départ, les astres sont alignés. Je suis presque convaincu qu’ils vont revenir. 

Ne manquait que Manfred 

On se serait cru à une soirée de grande première au Stade olympique. Durant l’exercice au bâton, on a croisé le nouveau retraité Georges St-Pierre sur le terrain. 

Il y avait aussi Denis Coderre qui a retrouvé des allures de jeune premier ainsi que les anciens ministres libéraux Sébastien Proulx et Robert Poéti. La ministre du Tourisme, Caroline Proulx, est venue faire un tour en soirée. 

C’était comme si le baseball était redevenu à la mode. Il ne manquait que le commissaire Rob Manfred. 

En voilà un que l’on a bien hâte de voir à Montréal. 

L’ancien maire Coderre est toujours aussi convaincu qu’une équipe du baseball majeur va revenir à Montréal. 

«C’est une question de confiance», a-t-il dit. 

«Les investisseurs sont là. Tout le monde travaille dans le même sens.» 

Mais n’y a-t-il pas un danger que la fièvre diminue? 

Il y aura sept ans en décembre prochain que la première étude de faisabilité a été déposée. Les Blue Jays en sont à leur sixième visite annuelle au Stade olympique. 

Le temps passe. 

«Faire preuve de patience n’est pas toujours facile, mais c’est la chose à faire», a continué Coderre. 

«On veut faire les séries et gagner la coupe en même temps.» 

«C’est le dossier le plus complexe sur lequel il m’a été donné de travailler», a pour sa part raconté William Jegher, associé aux services financiers transactionnels au sein de la firme EY. 

Visite à Tampa 

Les Rays de Tampa Bay ont recommencé à alimenter les rumeurs d’un déménagement à Montréal depuis que le projet de construction d’un nouveau stade dans le secteur d’Ybor City a été remisé sur une tablette par manque de financement. 

Le propriétaire des Rays, Stuart Sternbeg, répète à qui veut l’entendre qu’il tient à garder son équipe sur la côte Ouest de la Floride. Mais il ne lui reste plus d’options. 

Une source bien informée indique que Stephen Bronfman a fait une visite à Tampa dernièrement. Ce n’était probablement pas sa première ni peut-être sa dernière.