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OxyContin: premier accord à l’amiable aux États-Unis

OxyContin: premier accord à l’amiable aux États-Unis
AFP

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NEW YORK | La société pharmaceutique Purdue Pharma, attaquée en justice à cause de son antidouleur OxyContin, principal accusé dans la crise des opiacés aux États-Unis, a conclu un accord à l'amiable avec un État américain pour plusieurs centaines de millions de dollars, selon plusieurs médias américains.

Le bureau du procureur général de l'Oklahoma Mike Hunter, qui a assigné en justice en 2017 les laboratoires Purdue Pharma, Johnson and Johnson et Teva pour marketing trompeur, a indiqué avoir prévu une conférence de presse mardi après-midi sur un accord à l'amiable, sans autre détail.

Selon le Washington Post, l'accord prévoit le paiement par Purdue et par la famille Sackler de 270 millions de dollars, destinés à financer un nouveau centre de recherche sur les dépendances et la douleur rattaché à l'université publique de cet État du sud des États-Unis.

C'est le premier accord conclu en la matière par Purdue Pharma, société non cotée basée dans le Connecticut (nord-est) qui a fait la fortune de la famille Sackler et qui est confrontée à une avalanche de plaintes émanant notamment d'Etats et de municipalités.

L'OxyContin --antidouleur de la famille des opiacés comme le fentanyl et l'héroïne, extrêmement addictifs-- est en première ligne des médicaments accusés d'avoir contribué à une très forte augmentation des overdoses mortelles aux États-Unis, après leur surprescription par des médecins encouragés par les laboratoires.

Urgence de santé publique

La crise des opiacés a été qualifiée fin 2017 d'"urgence de santé publique" par le président Donald Trump.

Selon les derniers chiffres des Centres pour la prévention des maladies (CDC), un record de 47.600 personnes ont succombé à une overdose aux opiacés en 2017 aux États-Unis.

Dans des métropoles comme New York, les opiacés font désormais davantage de victimes qu'accidents de la route et homicides réunis, indiquaient début 2018 les autorités sanitaires de la ville.

La famille Sackler, dont le nom orne de multiples musées aux États-Unis et en Europe du fait de leur mécénat, a été la cible d'intenses campagnes de dénigrement pour son implication dans Purdue Pharma, racheté en 1952 par trois frères Sackler.

Huit de ses membres ayant siégé au conseil d'administration du groupe ont été mis en cause dans une plainte déposée par l'État du Massachusetts (nord-est).

L'annonce d'un accord à l'amiable intervient alors que la Cour suprême de l'Oklahoma vient de rejeter un appel des trois laboratoires à reporter un procès dont le début est prévu en mai.

La direction de Purdue a récemment reconnu envisager de demander la protection de la loi sur les faillites face au nombre important de plaintes: au moins 1 600 au niveau fédéral, et des centaines au niveau des États.