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Taxi: le projet de loi ira de l'avant

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MONTRÉAL | La tension a augmenté d’un cran entre les chauffeurs de taxi et le gouvernement mardi après qu’une rencontre au sujet de la loi réformant l’industrie se soit soldée par un statu quo qui risque d’engendrer de nouveaux moyens de pression.

«M. Legault, vous sous-estimez quand on bataille avec le désespoir. L’énergie du désespoir, c’est très dangereux», a mis en garde Abdallah Homsy, porte-parole du regroupement des intermédiaires de taxi de Québec à la sortie d'une réunion avec le ministre des Transports François Bonnardel.

Malgré les protestations des chauffeurs, le ministre a annoncé qu’il irait de l’avant avec le projet de loi 17, qui ouvre la porte aux entreprises comme Uber en abolissant les permis obligatoires de taxi.

M. Homsy croit que la conclusion de cette discussion est plutôt un statu quo. Les représentants de l’industrie du taxi désiraient le retrait de cette loi. «On ne peut pas bâtir sur un terrain qui est déjà brulé. [...] C’est l’essence même du projet de loi qui n’est pas bonne.»

Vers d’autres moyens de pression

Au lendemain de la manifestation qui a paralysé le centre-ville de Montréal, des protestataires ont poursuivi la contestation à Québec et ont fait brûler leur pantalon ainsi que des insignes de taxis devant l’Assemblée nationale.

Les chauffeurs de taxi comptent continuer à faire entendre leur désaccord. «Quand un être humain est poussé pour protéger sa famille, il peut être un adversaire redoutable», a averti Abdallah Homsy.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Selon plusieurs chauffeurs de taxi qui venaient d’apprendre l’issu de la rencontre, des représailles allaient s’organiser sous peu. «Demain ou après-demain, il va se passe quelque chose d’encore plus gros qu’hier. Très gros», a lancé Ralph El-Haddad, un chauffeur de taxi.

Même son de cloche du côté du chauffeur Michel Sweiva. «Ce sera une surprise. 5 h 30 le matin? Fermer le tunnel Lafontaine? Fermer le tunnel Ville-Marie? Je ne sais pas.»

Prêt à écouter

M. Bonnardel a spécifié qu'il demeurait ouvert à la discussion afin de trouver des pistes de solution additionnelles. «On dépose la loi, ça c'est certain», a-t-il toutefois indiqué.

L'industrie du taxi aura une période de transition d’un an afin de s'adapter à la déréglementation du taxi.

«Il y aura un demi-milliard $ qui sera versé à l’industrie du taxi. Il y a un premier 250 millions $ qui a été versé par les libéraux. Il va y avoir un 250 millions $ qui sera versé par nous», a aussi rappelé le ministre.

Cette somme est considérée comme «très généreuse» par le premier ministre François Legault. «Je pense que les contribuables, qui payent ces 500 millions $, font un effort considérable. C’est une offre qui est finale», a-t-il mentionné dans les corridors de l’Assemblée nationale.

De son côté, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de transport, Gaétan Barrette, considère que les chauffeurs de taxi n’ont pas été consultés.

- Avec la collaboration de Marc-André Gagnon et Charles Lecavalier