/news/transports
Navigation

Une centrale unique pour sauver l’industrie du taxi

Un seul numéro et une seule application pourraient être une solution au Québec

GEN-GREVE-TAXI
Photo capture d'écran, TVA Nouvelles Plus tôt dans la journée, ils avaient manifesté leur colère devant l’Assemblée nationale, allant même jusqu’à brûler leurs pantalons et des enseignes.

Coup d'oeil sur cet article

L’industrie du taxi tente par tous les moyens de mettre ses différends de côté pour s’unir partout à travers la province afin de gagner la bataille et assurer sa survie.

«On est tous dans le même bateau. Si on ne travaille pas ensemble, on va tous perdre. On a le devoir d’embarquer avec les autres», a lancé Ahmed Mansouri, 69 ans, devant une centaine de chauffeurs réunis mardi soir à Québec.

Des chauffeurs de taxi de Québec étaient réunis en assemblée hier soir pour tenter de trouver des solutions à la crise qui perdure.
Photo ANNIE T. ROUSSEL
Des chauffeurs de taxi de Québec étaient réunis en assemblée hier soir pour tenter de trouver des solutions à la crise qui perdure.

Après une journée de rencontre à Montréal, quelques porte-parole sont venus consulter les membres dans la capitale.

«Si on continue comme ça, on va échouer. Il faut s’unir», a expliqué Wilson Jean-Paul, porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, qui compte environ 3000 chauffeurs et propriétaires de taxis du Québec.

À la recherche de solutions, certains proposent un seul numéro et une seule application pour obtenir un taxi à travers la province. Dans ce combat, plusieurs s’entendent pour dire qu’il existe trop d’associations ou de regroupements. Pour crier leur désespoir, une seule voix doit résonner partout.

«Ce n’est pas facile, mais je pense qu’on va réussir. Ça fait 20 ans qu’on le demande», a mentionné Imad Abou-Nassif, un propriétaire montréalais. Devant cet objectif, une autre rencontre est prévue ce matin.

«C’est une équation à laquelle on n’a jamais abouti. La force de nuisance et de perturbation, je ne crois pas qu’il y ait d’autres moyens», a ajouté Hamid Nadji, président des Regroupements des propriétaires de taxi de la capitale. 

La tension monte

Par ailleurs, la colère a monté à un niveau supérieur, hier, alors que des conducteurs ont fait brûler leurs pantalons devant le parlement, «la dernière chose qui nous reste», ont-ils lancé.

Les chauffeurs se sont d’abord réunis sur le chemin Sainte-Foy, vers 7 h. Ils se sont ensuite stationnés devant l’Assemblée nationale, un peu avant 10 h. Pour cette seconde journée de grève, plusieurs ont répété «qu’ils n’avaient plus rien à perdre». Le cortège s’est également dirigé vers l’aéroport.

Manifs taxis jour 2 - Fateh Sadi, chauffeur de taxi
Catherine Bouchard
Manifs taxis jour 2 - Fateh Sadi, chauffeur de taxi

«Si la loi passe comme ça, on a déjà tout perdu. Qu’est-ce qu’il nous reste?» lance Fateh Sadi, chauffeur de taxi.

Pour sa part, Sabri Deziri, également chauffeur de taxi, estime avoir perdu le fruit de nombreuses années d’efforts. «On a travaillé fort, ça fait 20 ans que l’on fait ça. Regardez le résultat», laisse-t-il tomber, en sanglots.

Des perturbations

Manifs taxis jour 2 - À l'Aéroport de Québec, les voyageurs étaient avisés rapidement de la grève des taxis et des options de déplacement qui s'offraient à eux.
Catherine Bouchard
Manifs taxis jour 2 - À l'Aéroport de Québec, les voyageurs étaient avisés rapidement de la grève des taxis et des options de déplacement qui s'offraient à eux.

Outre les automobilistes ralentis par le mouvement de protestation, des habitudes ont été perturbées à l’aéroport de Québec où plusieurs voyageurs ont opté pour Uber.

«Je me suis enregistré ce matin, c’était la première fois que j’utilisais l’application. C’était moins compliqué que de trouver un taxi», a reconnu Jérémie Beaudoin.

GEN-GREVE-TAXI
Photo Catherine Bouchard

À la gare d’autocars de Sainte-Foy, certains voyageurs ont aussi dû trouver une solution de remplacement. «Je viens d’arriver de Rivière-du-Loup, je voulais un taxi pour aller à l’hôpital, ma femme vient d’accoucher», a indiqué Saturin Guei.