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Alex Harvey : l’éloge de la vie ordinaire

Alex Harvey : l’éloge de la vie ordinaire
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

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MONTRÉAL | Après avoir décroché une deuxième médaille d’argent en autant de jours dimanche dernier aux Finales de la Coupe du monde de ski de fond, à Québec, Alex Harvey a fait quelque chose qu’il ne s’était pas souvent permis : il est sorti jusqu’aux petites heures, allant même manger avec des amis vers 3 h du matin avant de rentrer à la maison.

«C’était plaisant de se lâcher lousse avec une belle "gang"», a expliqué mercredi le nouveau retraité à propos de la soirée préparée par le comité organisateur des finales.

Les compétitions, les émotions fortes, les victoires, les défaites, Harvey a vécu tout cela pendant sa prolifique carrière d’athlète. À 30 ans, il s’apprête à commencer «une vie normale», une expérience qu’il a hâte de vivre.

«Le ski de fond, c’est un sport amateur, mais depuis que j’ai 16 ans, je le pratiquais de la manière la plus professionnelle possible, a-t-il raconté. C’était 24 heures sur 24. Mon corps était mon outil de travail. Il fallait que je sois performant en compétition et pour cela, je devais être performant à l’entraînement.»

«J’ai hâte de trouver une routine, ça m’allume beaucoup. Avant, quand je voyais des amis, ils savaient que mon temps était presque compté. Je n’aurai plus un horaire à la minute près.»

Harvey est un sportif dans l’âme et ce n’est pas la retraite qui va l’empêcher de partir pour une longue randonnée à ski ou à vélo. Le contexte sera toutefois différent.

«J’avais toujours ma montre, j’étais toujours chronométré, s’est-il souvenu. J’avais du plaisir à le faire, mais c’était structuré. Là, je vais pouvoir bouger juste pour le plaisir.»

Un vrai voyage

Autre nouveauté, Harvey pourra maintenant voyager librement. S’il a parcouru les quatre coins du globe pour des compétitions, il a rarement pu jouer au touriste.

Lui et sa conjointe, Sophie Ringuet, avec qui il va se marier en juin, planifient d’ailleurs une escapade en Europe avant la cérémonie. Un voyage de noces avant la noce.

«Je suis allé partout, mais je n’ai jamais vraiment voyagé, a dit le fondeur. Je ne suis jamais allé à Paris, à Londres ou à Barcelone.»

Harvey se concentrera également sur ses études, lui qui n’a que quatre cours à compléter pour obtenir son baccalauréat en droit de l’Université Laval.

Le gros défi

L’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges le reconnaît sans hésitation: son plus grand défi sera d’apprendre à vivre sans l’adrénaline et l’intensité qui viennent avec le sport de haut niveau.

«Je vais devoir ajuster mes attentes et avoir du plaisir à finir mon bac, à aller au Barreau, à travailler, a-t-il dit. Il ne faut pas que j’essaie de copier ce que j’ai vécu. Ce sera difficile de vivre quelque chose d’aussi intense que de passer le fil d’arrivée à Québec pendant que je suis deuxième et que la foule est derrière moi.»

Harvey songe aussi à fonder une famille prochainement. Ayant été élevé dans une famille de sportifs, notamment par son père Pierre, lui-même un athlète de renom, Harvey a une bonne idée des valeurs qu’il voudra inculquer à ses enfants.

«Je veux leur donner le goût du sport, mais ce n’est pas moi qui vais les pousser vers la compétition, a-t-il affirmé. Ç’a été comme ça avec mes parents. C’est peut-être le plus beau cadeau qu’ils m’ont offert.»

Un mariage, des études, un emploi d’avocat et une famille à l’horizon, ce n’est finalement pas les expériences grisantes qui manqueront à Harvey dans les années à venir.