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Québec soli-vert

Gabriel Nadeau-Dubois , Catherine Dorion et Manon Massé
Photo Agence QMI, Pascal Dugas Bourdon Gabriel Nadeau-Dubois , Catherine Dorion et Manon Massé

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Depuis l’élection de l’automne, les porte-parole de Québec solidaire ont une priorité unique : les changements climatiques. Manon Massé avait annoncé ses couleurs dès l’ouverture de la session parlementaire de novembre répétant le mot environnement comme étant la première, la deuxième et la troisième priorité de son parti.

Le même message fut martelé depuis. Quelles étaient les attentes de Québec solidaire pour le budget ? Un thème : des gestes en matière de changements climatiques.

Réaction au budget : un message unique, ce budget est une catastrophe climatique. Manon Massé menace maintenant de paralyser l’Assemblée nationale au nom de l’environnement.

J’y vois du théâtre, de l’exagération et un cul-de-sac politique. Loin de moi l’idée de décourager les partis d’opposition de mettre la pression sur le gouvernement pour agir concrètement en matière de changements climatiques.

Mais la notion que les élus de Québec solidaire n’aient plus qu’une seule priorité d’intervention me laisse perplexe.

Stratégie

Un ami habitué aux stratégies politiques m’expliquait à quel point cela tient du génie. En se définissant comme le parti « vert », Québec solidaire fidélise les jeunes.

En marchant dans la rue avec les jeunes pour la planète, ce parti se marie à cette génération, peut-être pour des décennies à venir. Le PQ des années 1970 l’a fait dans les grandes manifestations nationalistes.

Mon ami pense en termes de tactique politique, de positionnement stratégique et de communication.

Marteler un message unique peut être très payant. C’est franchement à cela que ça ressemble : du positionnement stratégique pur. Québec solidaire a des convictions environnementales, oui. Au point de larguer tout le reste ? J’en doute.

Le jeune parti a gagné le gros lot en campagne électorale en parlant d’environnement. En début de campagne, l’environnement était une priorité... parmi d’autres. Les programmes sociaux, la santé, la pauvreté : le parti défendait un éventail d’idées.

En cours de campagne, constatant le succès du discours vert, les amis solidaires ont verdi. Jusqu’à développer ce discours unique.

Jackpot de votes

Ils me font penser au joueur de machines à sous qui a gagné le jackpot avec la troisième machine de la deuxième rangée en partant du bar... et qui retourne toujours à cette machine en se disant qu’elle est « payante ». QS retourne au thème de l’environnement pour espérer gagner d’autres gros lots comme celui du 1er octobre.

Deux remarques sur les limites de cette stratégie. D’abord, la crédibilité. Lorsque Manon Massé nous parle du sort des démunis, du vide économique et social dans lequel peuvent se retrouver des personnes marginalisées, j’écoute. D’accord ou pas avec ses solutions, je sais qu’elle éveille tous les partis à une réalité de terrain et qu’elle sait de quoi elle parle.

Lorsque madame Massé parle de changements climatiques, pourquoi serait-elle plus crédible qu’un péquiste, un caquiste, un libéral ? Que connaît-elle de plus en matière de climat ?

Puis il y a cette idée que tous les autres enjeux de société deviennent secondaires face à l’urgence climatique (sous-entendu quoi ? La fin du monde ?). Un cul-de-sac total, je décroche.