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Crever ses propres pneus

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Les chauffeurs de taxi ont perturbé la circulation et leurs services à l’aéroport de Québec. Résultat : des clients qui, jusqu’à présent, étaient restés fidèles aux chauffeurs de taxi ont fait appel, pour la toute première fois, à Uber. Quelle étrange stratégie de moyen de pression! On appelle ça l’art de se tirer dans le pied ou, dans ce cas précis, de crever ses propres pneus!  

Je les comprends, les chauffeurs de taxi, d’être terriblement en colère et de se sentir floués.   

Depuis des décennies, ils sont bons joueurs et se conforment aux règles du jeu commercial en achetant des permis de taxi à gros prix, tout en respectant la foule d’obligations auxquelles l’industrie est soumise.   

Arrive un nouveau concurrent autour de la table, qui bénéficie de règles plus souples, mais qui veut mettre la main sur le même magot!  

C’est comme vouloir gagner le 100 mètres contre un adversaire dopé jusqu’à l’os!  

Le désir des chauffeurs de taxi de se faire entendre est donc plus que légitime. Toutefois, la stratégie choisie me semble assez contreproductive.  

En désorganisant leurs services au cours des derniers jours, ils ont provoqué un effet rebond qui joue en leur défaveur.   

Des clients qui n’avaient, jusqu’à présent, jamais fait affaire avec le compétiteur, se sont assis les fesses dans une voiture d’Uber pour la première fois, en échange de précieux dollars.  

Fidèle aux chauffeurs de taxi, mais...  

Je l’ai déjà dit et je le répète, je n’ai jamais utilisé les services d’Uber. Jamais. Je n’ai pas non plus l’intention de le faire. Je suis solidaire des chauffeurs de taxi et de leurs familles.  

Toutefois, chers chauffeurs de taxi, permettez-moi de vous dire que je le fais par principe. Comme cliente, vous m’avez parfois non seulement bien mal servie, mais également traitée avec bien peu de considération.  

Je fais ici référence aux services de taxi de Québec et non de Montréal, où mon expérience s’avère beaucoup plus positive.   

Manque de fiabilité et impolitesse   

Je prends des taxis toutes les semaines ; parfois même plusieurs fois par semaine. À de nombreuses reprises, je suis passée tout près de rater mon bus ou mon train. Je ne les compte plus...  

Attendre au bout du fil quatre ou cinq minutes sans réponse pour commander une voiture, puis patienter 30 ou 40 minutes de plus pour l’arrivée du taxi n’est pas une lubie à Québec.  

Faisant part de mes inquiétudes et de mon insatisfaction au répartiteur, on m’a répondu de façon bien malpolie que : «j’avais juste à réserver ma voiture la veille. Aux heures de pointe, il n’y a pas assez de taxis à Québec!»  

Bonne élève, c’est ce que je fis.  

Mais l’expérience ne s’est guère mieux déroulée, malheureusement.   

À l’heure dite, pas de voiture.   

«Les chauffeurs prennent les appels qu’ils veulent.», m’a-t-on répondu.   

Une réplique qui donne le goût de télécharger l’application d’Uber illico!  

Mesdames et messieurs les chauffeurs de taxi, vous jouez, à l’heure actuelle, une partie fondamentale pour la pérennité de votre industrie et de vos emplois. La première stratégie sur laquelle miser pour contrecarrer l’invasion d’Uber et garder vos fidèles clients est d’abord de leur offrir un service fiable et d’entendre leurs besoins.  

Vraiment plus payant que de les envoyer se balader... avec d’autres!