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Imposer une taxe spéciale à Uber

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Dans son Analyse d’impact réglementaire sur le projet de loi visant à réformer l’industrie du taxi, le ministère des Transports évalue à 745 millions de dollars la valeur des permis de taxi existants, laquelle valeur va fondre à zéro avec l’entrée en vigueur de la réforme.

C’est 245 M$ de plus que les 500 M$ actuellement offerts à titre de dédommagement par le gouvernement Legault et son ministre des Transports et parrain de la réforme, François Bonnardel.

En enlevant « toute valeur » aux permis de taxi existants, le ministère reconnaît qu’il « s’agit d’un impact financier considérable » pour les titulaires.

Voilà pourquoi, en toute équité envers les détenteurs des permis de taxi, le gouvernement Legault devrait ainsi bonifier son offre jusqu’à hauteur de 745 M$.

Pour éponger ce supplément de 245 M$ par rapport à l’offre qui est actuellement sur la table, le gouvernement Legault devrait mettre Uber à contribution.

Comment ? En lui imposant une « taxe spéciale » sur ses revenus au Québec.

L’envahisseur

Que l’industrie du taxi au Québec améliore ses services tout en se modernisant, cela m’apparaît justifié.

Mais fallait-il pour autant accepter en 2014 que la multinationale Uber envahisse le Québec avec sa plateforme électronique, et ce, sans avoir à débourser un cent pour acquérir des permis de taxi et ainsi respecter la réglementation du taxi en vigueur ?

Il est là le problème. Dans un premier temps, le gouvernement Couillard a « légalisé » la percée d’Uber au Québec par l’entremise d’un projet pilote.

Et aujourd’hui, le gouvernement Legault « uberise » l’industrie du taxi avec une réforme qui réduit à zéro la valeur des permis.

Compensation insuffisante

Comme la compensation gouvernementale de 500 M$ ne couvre qu’en partie la perte de valeur que les propriétaires de permis vont subir en raison de la réforme, il fallait évidemment s’attendre à ce qu’ils envahissent la rue en guise de contestation.

Mettez-vous à la place des propriétaires des 7630 permis de taxi qui ont payé jusqu’à 200 000 $ par permis pour acquérir le droit de travailler dans l’industrie du taxi, et qui, du jour au lendemain, doivent se contenter de recevoir à peine 65 530 $ par permis !

Lourdement endettés, plusieurs d’entre eux se dirigent carrément vers la faillite à la suite de l’offre du gouvernement Legault.

La solution

Compte tenu du nombre de permis en circulation, soit 7630, le ministère des Transports en évalue présentement la valeur moyenne à environ 97 680 $.

C’est 32 150 $ de plus par permis que l’offre déposée par le ministre Bonnardel.

Même avec ce montant additionnel, des milliers de détenteurs de permis ne réussiront sans doute pas à couvrir entièrement le prix qu’ils ont payé pour acheter leur permis. Mais les pertes seront réduites d’autant, ce qui permettra à plusieurs d’entre eux d’éviter la faillite.

L’uberisation du taxi nous coûte très cher.

À cause de quoi ? Du laxisme gouvernemental qui a entouré la venue d’Uber au Québec.