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Influenceur : une carrière d’avenir ?

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Marion Ghibaudo - 37e AVENUE

 

Fyre Festival, Paul Logan, achat d’abonnés virtuels pour gonfler les comptes... Les derniers mois auront révélé le côté sombre de l’industrie des « influenceurs ». Issue des réseaux sociaux, cette jeune industrie cherche à trouver son identité, entre contenu commandité et contenu authentique...

« Les influenceurs ont toujours existé sous une forme ou une autre, rappelle Nicolas Bon, cofondateur de Clark Influence, une société de marketing d’influence créée en 2016. Auparavant, l’influenceur était la vedette de cinéma ou l’égérie d’une marque de parfum. Aujourd’hui, c’est peut-être un voisin. »

Après un âge d’or où l’on a vu, notamment, des influenceurs créer du contenu commandité sans dévoiler leurs liens commerciaux, les consommateurs et les entreprises ont perdu, en partie, confiance dans le travail de ces derniers. « Beaucoup abusent des promotions et pensent à court terme et essayent de monétiser leur audience », explique Nicolas Bon. Ce type d’influenceurs, décrit comme des « panneaux publicitaires », perdront leur crédibilité auprès de leur communauté à court ou moyen terme, selon l’expert. Par ricochet, ils pourraient nuire au travail d’influenceurs qui ont travaillé fort pour se construire une audience solide.

Un brouillard qui a poussé les plateformes de réseaux sociaux à tenter de réguler cette nouvelle profession. En 2017, les plateformes ont émis leurs premières directives pour que les influenceurs révèlent leurs contenus commandités de façon visible, avec des mots-clics dédiés (notamment #sponsorisé et #Paid). « Dans les campagnes où cela n’a pas été mentionné, il y a eu beaucoup de mauvaises critiques envers les influenceurs », dit Nicolas Bon en soulignant que les consommateurs sont de moins en moins naïfs par rapport à ce qu’on souhaite leur vendre, même sous une forme détournée.

« En 2019, je pense que l’on assistera à une meilleure conscientisation des influenceurs et qu’on verra plus de transparence dans les types de contenus », explique Nicolas Bon. Selon lui, l’émergence des micro- et nano-influenceurs (respectivement moins de 50 000 et moins de 10 000 abonnés) risque aussi de changer la donne. Ces communautés plus petites et plus denses ont plus d’échanges avec les consommateurs, et donc plus d’impact sur eux, que les influenceurs plus établis, dont les interactions avec leur communauté diminuent à mesure qu’ils gagnent des abonnés.

Selon Nicolas Bon, une concurrence plus saine est en train de s’installer entre les influenceurs. « Cela les poussera à créer du contenu de meilleure qualité, entre autres », croit-il. Selon lui, une professionnalisation des influenceurs est inévitable, tout comme une spécialisation accrue des contenus sur un sujet ou une niche. « L’influence continuera d’exister, mais le profil et la voix qu’elle prend changeront continuellement », conclut Nicolas Bon.