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Wilson-Raybould a mis le greffier en garde

Un enregistrement d’une conversation a été dévoilé

Wilson-Raybould a mis le greffier en garde
Photo d'archives, Agence QMI

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OTTAWA | Une conversation enregistrée secrètement entre Jody Wilson-Raybould et le plus haut fonctionnaire au Canada démontre à quel point le premier ministre Trudeau et son entourage étaient déterminés à éviter un procès criminel à SNC-Lavalin.  

Voyez l'intégralité des documents remis  

Le comité de la justice a publié vendredi des documents fournis récemment par l’ex-ministre Wilson-Raybould, appuyant son témoignage-choc offert le 27 février dernier.  

Mme Wilson-Raybould a déposé des copies de messages textes et de courriels, mais surtout un enregistrement audio d’une conversation téléphonique avec le greffier du Conseil privé Michael Wernick.  

Dans cet entretien enregistré à l’insu de son interlocuteur, l’élue de Vancouver met en garde à répétition M. Wernick contre toute forme d’ingérence politique de la part de l’entourage du premier ministre.   

« Ingérence politique »  

« Michael, je dois dire que cette conversation – et les précédentes que j’ai eues avec le premier ministre et bien d’autres à ce sujet – est absolument inappropriée et que cela constitue de l’ingérence politique », affirme à son interlocuteur Mme Wilson-Raybould.  

Un peu plus tard, M. Wernick qualifie l’échange de « dialogue de sourds ».   

« Il [Justin Trudeau] est d’avis qu’il ne s’agit pas d’ingérence, et je suis d’accord avec lui. »  

Vendredi au bureau du premier ministre, on soutenait que Justin Trudeau n’a pas été briefé par le greffier sur sa conversation avec Jody Wilson-Raybould, et qu’il n’était pas au courant du contenu complet de cet enregistrement avant vendredi.  

L’affaire SNC-Lavalin a éclaté le 7 février dernier, après la publication d’un reportage dans le Globe and Mail, alléguant que Mme Wilson-Raybould a subi de la pression indue pour aider SNC-Lavalin à éviter un procès criminel. Cette dernière a refusé net, avant de perdre son poste à la tête de la Justice quelques semaines plus tard.  

Au cours de la conversation, M. Wernick fait valoir à Mme Wilson-Raybould qu’elle a le pouvoir légal d’intervenir, afin de forcer une négociation à l’amiable avec SNC-Lavalin. Une avenue que la procureure au dossier a refusé d’offrir à l’entreprise.  

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 Irrespectueux  

Mme Wilson-Raybould réitère à plusieurs reprises sa position, selon laquelle « même si la loi me le permet, cela me paraît irrespectueux pour moi » d’infirmer la décision de la procureure au dossier, qui « est très à cheval sur les principes », précise-t-elle.  

La tension entre Mme Wilson-Raybould et le plus puissant fonctionnaire de l’État monte d’un cran à la fin de la conversation qui a duré environ 17 minutes.  

Devant le refus de Mme Wilson-Raybould de revoir sa position, M. Wernick lui offre une mise en garde : « Ce n’est pas une bonne chose que le premier ministre et sa procureure générale soient à couteaux tirés. »  

« J’ai peur qu’il y ait un conflit, parce qu’il est très ferme à ce sujet », dit-il au sujet du premier ministre.  

Le géant du génie SNC-Lavalin est accusé de fraude et de corruption pour des pots-de-vin versés au régime libyen de 2001 à 2011.  

Écoutez ci-dessous la conservation téléphonique enregistrée entre Jody Wilson-Raybould et Michael Wernick   

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