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Le «vrai» Damien de Fugueuse

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Quand j’ai suivi la série Fugueuse, comme vous, je frémissais devant la cruelle réalité des jeunes prostituées. Cette série a réussi à ouvrir les yeux de milliers de gens sur la réalité des proxénètes et de leurs jeunes proies.

Pour continuer à nous ouvrir les yeux, Télé-Québec diffuse sur son site internet un documentaire web, Trafic, qui donne la parole à de vrais joueurs du monde du sexe. Une vraie Fanny, un vrai Damien, de vrais clients. Et ça donne froid dans le dos.

LOIN DE PRETTY WOMAN

Je vous préviens, il faut avoir le cœur attaché solide pour écouter tous ces témoignages. D’ailleurs, au début des épisodes, on nous met en garde que certains propos pourraient « ne pas convenir à un jeune public ».

La réalisatrice Catherine Proulx s’est lancée dans cette vaste enquête, parce que, comme elle dit : « Ça me rentre pas dans la tête que des gars payent pour coucher avec des ados ».

Proulx a interviewé des filles qui ont vendu leur corps et, après avoir passé une fausse petite annonce de services sexuels, elle a parlé à des clients attirés par la chair fraîche.

Mais le témoignage qui glace le plus le sang est celui de Kevin, ex-proxénète, qui raconte avec énormément de franchise tous les détails de son « métier ».

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Il explique comment son cousin, proxénète lui aussi, lui a appris à « jouer dans la tête » des filles. Les féministes vont s’étrangler en l’entendant dire que « 90 % des femmes sont matérialistes dans ce milieu-là » et qu’il lui suffit de leur proposer d’avoir une belle voiture et de magasiner chez Gucci pour les faire craquer.

« Quand les filles sont perdues, elles sont plus faciles à manipuler », affirme-t-il le plus simplement du monde. « Je leur fais croire qu’elles ont besoin de moi. Je suis comme un lion qui s’en prend aux plus faibles dans le troupeau. Moi j’m’en fous d’elles, moi j’veux juste abuser d’elles. C’est pas n’importe quelle femme qui va accepter ça, mais si elles acceptent, tu viens de gagner au jackpot. »

Avouez que ça fait mal à entendre. Mais quelle lucidité ! « Les clients, ils adorent les jeunes », affirme Kevin.

Il y a de nouveaux épisodes de cette série documentaire en ligne jusqu’au 2 avril. C’est dur à entendre, ça lève le cœur souvent, mais il faut saluer Télé-Québec d’avoir misé sur ce mode de documentaire. C’est le rôle de nos sociétés d’État de nous amener dans les zones plus sombres de la société, sans faux-fuyant, sans tabou. Parce que la réalité dépasse souvent la fiction.

FULL GENRE

Dans un tout autre ordre d’idées, je voudrais revenir sur ma chronique de mercredi, au sujet des élucubrations verbales de Catherine Dorion et Safia Nolin.

À l’émission de Dominic Maurais, à CHOI Radio X, Alex Leblond s’est amusé à faire un montage de toutes les fois où Safia Nolin utilise le mot « genre » dans la vidéo. Pendant les 35 minutes où elle parle, elle utilise 208 fois le mot « genre ». C’est un « genre » à toutes les 10 secondes.

Quand je vous parlais d’éloquence...