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Les dangers de l’isolement

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J’aurais besoin d’un petit conseil. Depuis le décès de ma vieille mère il y a six mois, je vis seule. Par mon statut de fille unique et comme je me suis occupée d’elle toute ma vie, j’ai hérité d’un petit pécule qui me permet de garder sa maison et de vivre modestement, quoiqu’avec un certain confort.

Il y a quelques semaines, quand notre vieux grille-pain a décidé de me lâcher, un premier signe inquiétant est apparu dans ma vie. Imagine-toi que ça m’a pris quatre jours avant de trouver le courage de m’habiller pour aller au magasin pour en acheter un autre.

Quand l’ampoule de l’escalier de la cave a brûlé, ça m’a pris un autre deux jours avant d’oser mettre le nez dehors pour affronter les piétons, les automobilistes, les clients et le personnel du magasin pour aller en acheter une nouvelle.

Lors de ma dernière sortie, il y a deux semaines, alors que je traversais la rue, un automobiliste a klaxonné à plusieurs reprises avant de descendre sa fenêtre et de me crier après en hurlant que j’avais traversé la rue sans regarder où j’allais. Je pense que c’est lui qui a eu raison du peu de courage qui me restait pour affronter le monde extérieur.

Depuis ce jour, je me suis enfermée dans la maison, sans oser mettre le nez dehors. J’ai trop peur de sortir, trop peur qu’il m’arrive un gros malheur si je franchis le seuil de ma porte. Dieu merci, mon épicerie et ma pharmacie acceptent de prendre mes commandes par téléphone et de me les livrer, sinon je ne sais pas ce que je ferais pour me nourrir et pour soigner mes petits bobos. Mais il y a pire Louise, je commence même à avoir peur d’ouvrir la porte de ma maison quand ça sonne. Pouvez-vous me dire comment faire devant ça?

Anonyme

Vous êtes en train de développer une phobie sociale qui risque de devenir de plus en plus débilitante. Il faut réagir vite pour ne pas sombrer encore plus. L’être humain est par nature un être sociable, et plus il s’isole, plus l’extérieur lui semble dangereux. Certains professionnels traitent ce problème. Mais dans un premier temps, je vous suggère de vous adresser au groupe d’entraide Phobies-

Zéro qui offre une ligne d’écoute qui vous permettrait d’exposer votre problématique et de recevoir des conseils d’urgence. Par la suite, comme on y offre aussi des groupes d’entraide, des discussions en ligne et des ateliers de groupe, ça vous permettrait d’apprendre, au contact des autres, à reprendre goût à une certaine proximité avec vos semblables pour réapprivoiser petit à petit la vie en société. On joint l’organisme au numéro suivant : 514 276-3105.