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Ego et luttes de pouvoir

La pièce Embargo aborde ces relations où l’ego prend toute la place au détriment de l’amour

Embargo
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine Les comédiens Nicolas Dionne-Simard et Lauren Hartley lors des répétitions de la pièce de théâtre Embargo, présentée du 2 au 13 avril à Premier Acte.

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Un gars. Une fille. Ils ont vécu une relation un peu compliquée. Une relation où l’ego était mis de l’avant au détriment de l’amour de l’autre.

Lauren Hartley avait envie d’explorer, avec son premier texte, ces relations complexes et conflictuelles où les questions d’orgueil finissent par prendre toute la place.

À l’affiche à partir de mardi, à Premier Acte, Embargo est un huis clos entre un gars et une fille.

« Le gars se pointe sans s’annoncer et de façon un peu arrogante à la fête d’anniversaire de la sœur de son ex-amoureuse, avec l’intention d’aller régler leur différend. La joute d’orgueil commence », a-t-elle résumé, précisant qu’elle a volontairement choisi de ne pas identifier les deux individus par des prénoms.

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Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine

L’auteure et comédienne a constaté, chez elle et autour d’elle, des réactions souvent excessives lorsque les situations deviennent émotives.

« L’orgueil prend de plus en plus de place dans les relations interpersonnelles qu’on a avec des amoureux ou des amis. On sait, parfois, qu’on a tort, mais on décide de fermer les yeux », a lancé la comédienne, dans un café de la Basse-Ville.

L’amour, précise-t-elle, a le dos large au nom des excès qui sont commis.

« Ils vont mettre ça sur le dos de l’amour, mais pour moi, c’est de l’amour-propre. C’est leur ego qui parle plus que leur amour de l’autre. On ne devrait pas, dans une relation interpersonnelle, chercher à être le vainqueur. C’est plus une course à relais qu’une compétition entre deux individus », a-t-elle laissé tomber.

De grandes émotions

De grandes violences ont été commises, ajoute-t-elle, au nom de l’amour.

« On se sent humilié par ce que quelqu’un a fait et on réagit fort afin de se faire réparation. L’ego est blessé et tu essaies de te venger. Ce n’est pas de l’amour, mais de l’amour-propre avec un besoin de vengeance », rajoute-t-elle.

Embargo
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine

Le défi de création d’Embargo était de rendre crédibles la tension et les montagnes russes vécues par ce couple, avec des moments d’arrogance, de sincérité et aussi d’humanité.

« J’espère faire en sorte qu’on puisse rire de ces défauts-là, célébrer notre complexité et accepter nos contradictions. C’est un peu rire de nous en riant d’eux », a-t-elle dit.

Embargo a commencé à prendre forme lors de ses années au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Un texte qui a effectué quelques visites dans un tiroir pour ensuite en ressortir et prendre forme.

L’auteure et comédienne a réalisé, depuis qu’elle travaille sur ce projet, à quel point l’écriture prend une place toute spéciale dans sa vie.

« J’adore le jeu, mais l’écriture a une importance égale, pour moi, en ce moment. C’est quelque chose que j’espère développer. Je vais me considérer comme chanceuse si je peux écrire, tous les jours, jusqu’à la fin de ma vie », a-t-elle fait savoir.

Lauren Hartley vit de grandes émotions à quelques jours de la première.

« C’est mon premier texte et c’est comme une présentation de l’auteure que je peux être. C’est très précieux, très galvanisant, et ça me stresse en ce moment. J’espère que ça va être bien reçu », a-t-elle lancé.


► Embargo est présentée du 2 au 13 avril à Premier Acte.