/sports/opinion/columnists
Navigation

Le compte à rebours

HKN-SPO-NEW-YORK-RANGERS-V-COLUMBUS-BLUE-JACKETS
Photo AFP Artemi Panarin a étourdi le Canadien jeudi soir à Columbus.

Coup d'oeil sur cet article

Vite, passons au prochain match. Le passage du Canadien dans la région de Columbus a peut-être laissé des traces, mais il a aussi confirmé que, dans une course aussi sévère, il ne faut rien négliger.

Avec un tel résultat, les joueurs qui ont des statuts bien particuliers, les leaders si vous préférez, doivent reviser leurs responsabilités. Il reste quatre matchs au calendrier. Une possibilité de huit points et comme le Canadien n’a pas droit à l’erreur, c’est justement dans de telles circonstances que la personnalité et le caractère de l’équipe doivent influencer les résultats.

Ça n’a pas été le cas à Columbus.

Le Canadien a perdu parce qu’il s’est soudainement écrasé devant les attaques répétées de l’adversaire. Au premier engagement, il était en parfait contrôle, tout baignait dans l’huile.

Même quand les Blue Jackets ont nivelé la marque 1 à 1 au début de la deuxième période, la réplique de Jeff Petry ne laissait planer aucun doute. Le Tricolore était prêt pour compétitionner avec une formation qui, avouons-le, est plus talentueuse, du moins sur papier. Il était prêt à donner le tempo au match.

Mais, est-ce le talent des Blue Jackets qui a prévalu ?

Est-ce l’incapacité des leaders du Tricolore à se démarquer qui a fait toute la différence ?

Seth Jones a été meilleur que Shea Weber.

Sergei Bobrovsky a été supérieur à Carey Price.

Et les attaquants

Tomas Tatar, Max Domi, Brendan Gallagher et, oui, Jonathan Drouin qui appartient toujours au Top Six, n’ont jamais pu rivaliser avec la fougue, l’énergie, la détermination de Artemi Panarin, de Matt Duchene, de Josh Anderson.

Et les employés de soutien des Blue Jackets ont éclipsé, et d’une façon très convaincante, leurs homologues du Tricolore.

Donc, ça devait être le match de l’année.

Oui.

Mais, ce soir à Winnipeg, ce sera aussi le match de l’année.

C’est le classement des équipes qui suggère un tel scénario. Le Canadien a perdu deux points... et il amenuisé ses chances d’une qualification aux séries éliminatoires. Cependant, on dit la même chose en Caroline avec ce revers contre les Capitals de Washington.

À Columbus, on n’a pas claironné « victoire les amis; on y est, on sera du tournoi printanier ». Non. Parce que ce tournoi par élimination entre les trois formations se poursuit.

Il est vrai que Caroline et Columbus ont un avantage avec un match de plus à disputer. Mais, ce que je retiens avant tout, ce sont les efforts déployés par les joueurs d’influence.

Deux gardiens

Pour accéder au tournoi printanier, une équipe doit penser en fonction de la collectivité et aussi s’attarder au petit détail.

Chacun doit mettre l’épaule à la roue.

Les entraîneurs ont le mandat de soutirer un effort constant de la part des patineurs. C’est pourquoi, dans l’environnement du Canadien, le dossier Jonathan Drouin n’est pas sans soulever les interrogations.

Dans le langage du sport, on s’en remettra toujours à la théorie que l’athlète gagne son temps de jeu. Il est le premier gestionnaire. Par ses actions, il attirera toujours l’attention.

Présentement les ennuis qu’éprouve Drouin lui ont attiré une réaction vive de la part de l’entraîneur qui l’utilise à peine 12 minutes par match. Il a été le deuxième attaquant le moins utilisé, jeudi soir, alors que Jordan Weal se voyait offrir 16,48 minutes, quatre minutes et 30 secondes de plus. Claude Julien possède sans aucun doute plusieurs arguments pour justifier sa décision. Et, il faut reconnaître que sa défense est étoffée et qu’il possède des preuves à l’appui.

Cependant, avec un calendrier qui l’invite à déployer toutes les ressources mises à sa disposition, ne doit-il pas fournir à Drouin une opportunité de faire la différence ?

Un scénario intéressant

Ne possède-t-il pas le talent pour s’afficher comme un acteur important dans le scénario qui s’offre au Canadien ?

Si on ne déroge pas à la tendance actuelle, quel est le statut de Drouin ? Dans l’évaluation de l’équipe, quelle place occupe-t-il ?

Celle d’un joueur de soutien ? Si tel est le cas, sera-t-il dans la vitrine cet été ?

Pourtant on avait fait son acquisition pour être un joueur d’impact ? Ne lui a-t-on pas consenti un contrat de plus de 30 millions $ pour confirmer les attentes ? Certes, Drouin n’a rien fait depuis quatre semaines pour convaincre les décideurs du Tricolore qu’il peut remplir les responsabilités qu’on lui a confiées.

Les chiffres l’indiquent clairement et donnent raison à Julien sauf qu’à Columbus, a-t-on limité le temps de jeu de Panarin alors qu’il traversait une dure période, 14 matchs sans marquer ? Au point où se retrouve le Canadien, peut-on se permettre de donner un rôle d’acteur de soutien à un joueur qui, en principe, possède le talent pour remplir un rôle de premier plan ?

À Claude Julien d’y voir.

Le format des séries

Il suffit de jeter un coup d’œil sur le classement de l’Association de l’Ouest pour donner encore plus de poids à la possibilité d’une nouvelle formule pour les séries éliminatoires.

Il faudra peut-être moins de 90 points pour accéder au tournoi printanier alors que dans l’Association de l’Est, il faudra 96 points pour atteindre l’objectif.

On défendra le contexte actuel en soulignant que cela pourrait se produire à l’inverse l’an prochain.

D’accord.

Toutefois, les joueurs ne s’opposeront jamais à un changement dans le format actuel si on peut trouver un moyen pour amenuiser la clause en fidéicommis.

La formule voulant que les équipes terminant entre la 7e place et la 10e place s’affrontent dans un match ultime pour déterminer les 7e et 8e formations dans chacune des deux associations mérite qu’on s’y attarde.

Certains proposent une série deux de trois.

Mais, encore là, on prolongerait d’une semaine la saison de hockey déjà beaucoup trop longue.

Un dossier à suivre...