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Le malheur des uns fait le bonheur des autres

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Question : Le Brexit est-il une catastrophe ou une opportunité pour l’investisseur individuel ?


Réponse : C’est plus que jamais le temps de miser sur la Bourse britannique !

Plus le temps passe, plus l’option du « hard Brexit » semble s’imposer. Tout le monde craint une catastrophe économique, des files d’attente interminables à des frontières qui ont disparu depuis des générations, des tarifs qui rendent les produits et services britanniques moins compétitifs auprès de leur principal marché, l’Europe continentale. Déjà, Londres, principale capitale financière mondiale, perd des plumes face à Paris, alors que banques, assureurs, firmes d’investissement et financiers se repositionnent dans la Ville Lumière et ailleurs en Europe. Le gouvernement britannique estime que le Brexit se traduirait par une décroissance annuelle de son économie sur 15 ans entre 3,9 % et 9,3 %. Les épargnants britanniques ont déjà réduit leurs achats de fonds communs de 85 %, passant de 85,2 G$ en 2017 à 12,6 G$ en 2018.

Alors, pourquoi miser sur le déclin de la cinquième économie mondiale ? Parce que le marché l’a déjà anticipé.

Une opportunité

Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres, dit le dicton. C’est particulièrement vrai pour l’investisseur individuel québécois.

C’est le moment d’acheter des titres de sociétés en très bonne santé, mais qui ont été injustement traitées par le marché. Selon plusieurs sources, l’aubaine britannique est de 20 % comparativement aux principales places boursières mondiales.

Des exemples ? Les géants financiers britanniques comme Lloyd’s Banking Group (LYG), HSBC (HSBC), Royal Bank of Scotland (RBS) ont perdu entre 20 % et 30 % de leur capitalisation depuis 12 mois. Autres icônes durement touchées : Sainsbury (JSAIY), Prudential (PRU), Standard Chartered (STAN), British American Tobacco (BAT), Imperial Brands (IMBBY), Marks and Spencer (MAKSY), Taylor Wimpey (TWODF) ou Babcock (BCKIF).

À l’inverse, des multinationales comme Shell, BP, Aviva, GlaxoSmithKline, Diageo, AstraZeneca, RioTinto ou Unilever sont globales et souffriront peu du Brexit.

Vous pouvez aussi vous limiter à acheter un FNB de l’indice Footsie, le FTSE100, soit les 100 plus importantes sociétés cotées à Londres, qui a perdu 12 % de sa valeur en 2018. Le rendement approche les 5 %. Ou celui du FTSE250, plus tourné vers l’économie domestique, qui rebondira plus vite une fois le choc du Brexit encaissé. Autre indicateur d’opportunité : le ratio cours/bénéfice prévu (forward price/earnings) de l’indice MSCI UK est de 12,7 %.

Devriez-vous investir dans la livre sterling ? Je me garderais une petite gêne : ça demeure un placement spéculatif. La Banque d’Angleterre va-t-elle hausser les taux, imprimer de l’argent, racheter des obligations ? Le déficit commercial va-t-il se creuser ou diminuer avec une livre plus faible, qui favoriserait les exportateurs britanniques ? Les multinationales britanniques vont-elles convertir en livres leurs profits étrangers pour maintenir leurs dividendes ?

Évidemment, personne ne peut prédire l’avenir. Surtout pas le caractère imprévisible, immature et irresponsable des politiciens britanniques. Des élections anticipées et un deuxième référendum, où le « remain » l’emporterait, pourraient aussi en finir avec le « hard Brexit ». Qu’à cela ne tienne, c’est maintenant qu’il faut profiter des aubaines.


Question à notre investisseur

► Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par Le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.