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Une belle nuit au Mont-Saint-Michel

VOY 0330 Dossier Mont St-Michel
Photo courtoisie, Centre des Monuments nationaux Lever de soleil sur la baie du Mont-Saint-Michel depuis le village.

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NORMANDIE | Deuxième destination touristique la plus visitée de France (après la tour Eiffel), le Mont-Saint-Michel exerce une véritable fascination. Cette dernière s’auréole cependant de mystère lorsque l’on choisit d’y passer la nuit.

Notre arrivée sur les lieux se fait à l’heure où la marée humaine commence à déserter les petites ruelles pour retourner vers les navettes. Nous sommes encore bien loin d’être seuls, mais il n’est plus nécessaire de lutter pour marcher dans la Grande Rue après avoir traversé la porte du Logis du Roy, entrée de la cité historique.

Une merveille qui se mérite

La salle des Chevaliers au Mont-Saint-Michel.
Photo Lise Giguère
La salle des Chevaliers au Mont-Saint-Michel.

Alors qu’on emprunte la volée de marches qui nous mène vers l’abbaye, la foule se raréfie. C’est donc dans le calme et le silence que notre guide nous conduit dans les différentes salles, les cloîtres, les donjons, et nous raconte l’histoire de cette abbaye qui est toujours un lieu important de pèlerinage pour les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Aucun besoin de se hisser sur la pointe des pieds pour observer un détail, ni de tendre l’oreille pour entendre les explications, ni de se livrer à des contorsions pour réussir à prendre une photo.

La vue sur la baie étant dégagée, on a même le privilège d’assister à l’arrivée du Mascaret. Avec fascination, on observe le parcours rapide de cette marée montante qui glisse sur le sable à la vitesse d’une coulée de lave.

Du côté opposé nous parviennent des cris bientôt suivis d’un bruit d’hélicoptère. Des imprudents qui n’avaient pas pris garde aux marées sont pris au piège. L’hélicoptère les tirera in extremis de ce mauvais pas. Le coût de cette étourderie leur restera sans doute longtemps en mémoire­­­.

La visite terminée, c’est les jambes rendues flageolantes par les efforts fournis que l’on redescend vers la rue principale.

La Mère Poulard

De la chambre, vue sur la baie et sur les maisons médiévales.
Photo Lise Giguère
De la chambre, vue sur la baie et sur les maisons médiévales.

À l’hôtel de la Mère Poulard, on nous remet les clés de nos chambres situées directement sur les remparts. Petite et d’une grande simplicité, la chambre est confortable, mais surtout, sa vue donne sur la baie et les petites maisons médiévales.

Sur ces demeures accrochées à cet îlot rocheux, les ombres de la fin du jour créent une aura de mystère. Une impression d’avoir été projetée dans un autre monde, un autre siècle, une autre dimension. Refermant les volets, on reprend les escaliers pour le repas qui nous attend chez La Mère Poulard.

Dormir au Mont-Saint-Michel sans manger un repas à cet endroit serait un véritable sacrilège. Après tout, depuis son ouverture en 1888, il a gagné ses lettres de noblesse et l’on vient de partout dans le monde pour goûter les fameuses omelettes soufflées que personne n’a encore pu imiter.

Durant le jour, les « maîtres omelettiers » qui brassent les œufs dans de larges récipients en cuivre devant un énorme foyer attirent les foules et les photographes. En soirée, on les a pour nous seuls et on peut tout à loisir admirer leurs prouesses.

Puis, à une table adossée au rocher, on savoure ces omelettes dont la garniture (salée ou sucrée) est servie à part. Et on trinque, au cidre évidemment ! On est aux limites de la Bretagne et de la Normandie, après tout !

Moment hors du temps

Le Mont-Saint-Michel la nuit.
Photo courtoisie LVAN, Franck Tomps
Le Mont-Saint-Michel la nuit.

Le ventre plein, on se retrouve alors seul sur la Grande Rue où l’on peine à circuler pendant les heures de visite. Dans la nuit noire, une petite lumière vacillante guide nos pas sur ces pierres que foulaient déjà les Bénédictins, il y a plus de 1000 ans.

Un étrange sentiment nous envahit, aucune peur pourtant, mais une drôle de sensation. Assailli par les images de films montrant des scènes de la vie au Moyen Âge, on imagine des volets s’ouvrir, des brigands cachés dans les encoignures de cette rue d’à peine 4 mètres de large ou de petits mendiants crottés nous sollicitant. Bien qu’on nous assure qu’une vingtaine d’habitants résident toujours sur l’île et que des visiteurs y séjournent, on ne croisera pourtant qu’un chat noir.

C’est dans cette ambiance auréolée de mystère que l’on regagne nos quartiers pour retrouver notre petite chambre silencieuse et s’endormir pour une nuit sans rêve.

Un bonheur et un privilège

Détail architectural.
Photo Lise Giguère
Détail architectural.

Au matin, par les volets qui s’ouvrent sur la baie, on admire les rayons du soleil qui tout doucement viennent caresser ces vieux murs chargés d’histoire.

Puis c’est le départ. Ce dernier coïncide avec l’arrivée des navettes transportant leur chargement de visiteurs pressés. En les observant, on mesure l’immense privilège qu’a été le nôtre d’avoir eu cette Merveille, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, à nous seuls pour toute une soirée et une nuit.

  • Le Mont-Saint-Michel attire quelque 2,5 millions de touristes chaque année.
  • Visites possibles en solo avec un dépliant, offert en 15 langues, avec audio­guides en 8 langues, visite commentée en 5 langues (1 h 15) ou visite-conférence (2 h)
  • Pour dormir et manger chez La Mère Poulard (77 chambres intra-muros) : lamerepoulard.com
  • L’été, en soirée, le Centre des monuments nationaux propose Les chroniques du Mont, un parcours nocturne son et lumière. Info : amaclio.com

Notre collaboratrice était l’invitée d’Atout France. Le transport était assuré par Air France et Rail Europe.