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Une héroïne pas comme les autres

La sculpture représentant l’héroïne Cecilia Valdés devant l’église du Saint Ange Gardien, dans la Vieille Havane.
Photo Jacques Lanctôt La sculpture représentant l’héroïne Cecilia Valdés devant l’église du Saint Ange Gardien, dans la Vieille Havane.

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La Havane est une ville d’art et de culture. On y trouve partout, même dans certains endroits moins fréquentés, des jardins et des parcs fleuris, et surtout des sculptures et des monuments qui rappellent une tranche d’histoire sociale ou politique de l’île.

La Havane ne serait pas la même sans son front de mer, ses places publiques, ses parcs ombragés et abondamment fleuris, ses fontaines et ses statues, en bronze ou en marbre. En attendant d’en savoir plus sur la 13e Biennale des arts, qui prendra d’assaut différents lieux de la cité du 12 avril au 12 mai sous le thème « La construction de ce qui est possible », je vous propose une promenade dans le temps, sur la place de l’Ange, dans la Vieille Havane. Vous ne serez pas déçu.

La Cecilia de La Havane

Cecilia Valdés est le personnage central du roman intitulé Cecilia Valdés o la loma del Angel [ou la colline de l’Ange], écrit par Cirilo Villaverde, en 1839. Il y décrit les relations entre les riches Espagnols, dont certains sont abolitionnistes, et leurs esclaves noirs et mulâtres. L’action, qui se déroule dans la Vieille Havane à l’époque coloniale, possède tous les ingrédients du grand roman romantique et tragique, si bien qu’on en a même fait une opérette et un film.

Étant donné le véritable culte que lui vouent les Havanais, l’historien de la ville, Eusebio Leal, a demandé à l’artiste cubain Erig Rebull d’immortaliser la figure de Cecilia Valdés, une fière mulâtre, en la coulant dans un bronze. Cette sculpture a été érigée, en 2014, sur la petite colline de l’Ange, face à l’église néogothique du Saint Ange Gardien, non loin du musée de la Révolution. Cet emplacement n’est pas le fruit du hasard, car c’est à cet endroit que se déroule principalement l’action du roman de Villaverde. Pour l’historien en chef de la ville, cette sculpture était nécessaire, car le roman de Villaverde, plus qu’une simple histoire d’amour, constitue une véritable radiographie d’un pays et de son époque, marquée par le despotisme colonial et l’esclavagisme.

Si vous visitez la place de l’Ange, arrêtez-vous au pittoresque restaurant-terrasse Del Angel Jacqueline Fumero, juste en face. Vous vous sentirez à Paris, sur la butte Montmartre, le temps d’un délicieux cappuccino ou d’une bière Cristal bien froide.


► Del Angel Jacqueline Fumero : 1, rue Compostela, au coin de Cuarteles.