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Les Québécois veulent la laïcité... et le crucifix

Quebec, Assemblee nationale
Photo Stevens LeBlanc Le gouvernement de François Legault a fait savoir plus tôt cette semaine qu’il allait retirer le crucifix accroché au mur du Salon bleu de l’Assemblée nationale, mais seulement après l’adoption du projet de loi sur la laïcité.

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S’ils se disent mûrs pour la laïcité, les Québécois sont encore attachés à l’héritage catholique et ne semblent pas prêts à décrocher le crucifix qui orne le Salon bleu du parlement.

Le gouvernement Legault peut compter sur l’appui de la majorité de la population pour interdire les signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, mais ce n’est pas si clair pour son initiative de retirer le Christ en croix qui domine les joutes parlementaires à l’Assemblée nationale.

Soixante-trois pour cent des citoyens croient que «les croix et autres symboles religieux qui ornent les institutions publiques devraient rester à leur place car ils font partie du patrimoine», révèle un sondage Léger réalisé du 22 au 26 mars pour le compte de la CAQ.

Les citoyens en région sont les plus attachés à l’héritage catholique (68 %), alors que les habitants de Montréal et ses environs le sont un peu moins (59 %).

Rappelons que le jour du dépôt de son très attendu projet de loi sur la laïcité, le gouvernement caquiste a également fait voter une motion afin de déplacer le crucifix qui trône au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale ailleurs au parlement.

«Un geste important»

«C’est un geste important à poser et qui aurait dû être posé il y a une dizaine d’années», a insisté François Legault.

Toutes les formations politiques ont appuyé cette délocalisation du symbole patrimonial installé au Salon bleu depuis 1936. Le Christ en croix sera décroché après l’adoption du texte de loi du ministre Simon Jolin-Barrette, c’est-à-dire possiblement plus tard au printemps.

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Soulignons que le projet de loi 21, qui affirme la neutralité religieuse de l’État, protège également «les éléments emblématiques ou toponymiques du patrimoine culturel du Québec, notamment du patrimoine culturel religieux, qui témoignent de son parcours historique».

S’ils sont frileux à l’idée de décrocher les croix, une part importante de Québécois (63 %) estiment pourtant que la laïcité est désirable au Québec. Les gens de 55 ans et plus sont les plus enclins à réclamer la neutralité de l’État avec 77 %. Chez les jeunes de 18 à 34 ans, cet enjeu est beaucoup moins important (51 %).

Régler la question

Ce qui semble toutefois très clair dans l’esprit des citoyens, peu importe l’âge ou le lieu de résidence, c’est l’urgence de mettre un terme au débat identitaire qui a cours depuis des années au Québec. 89 % des répondants du sondage sont d’avis que « la discussion sur les signes religieux et les accommodements raisonnables a assez duré [et qu’]il est temps de régler la question ».

Vendredi, Le Journal publiait un sondage dans lequel une majorité de Québécois se disent en faveur de l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité.

MÉTHODOLOGIE

Le sondage web de la firme Léger a été réalisé du 22 au 26 mars pour le compte de la CAQ auprès de 1015 Québécois de 18 ans ou plus. À titre comparatif, un échantillon probabiliste de 1015 répondants comporterait une marge d’erreur globale de plus ou moins 3,08 % 19 fois sur 20.


Signes religieux

Les croix et autres symboles religieux qui ornent les institutions publiques devraient rester à leur place car ils font partie du patrimoine.

  • Favorable: 63 %
  • Défavorable: 31 %

Laïcité

La laïcité est désirable au Québec.
  • Favorable: 66%
  • Défavorable: 18 %

Débat

La discussion sur les signes religieux et les accommodements raisonnables a assez duré. Il est temps de régler la question.
  • Favorable: 89 %
  • Défavorable: 8 %