/news/politics
Navigation

Affaire SNC-Lavalin : Justin Trudeau chasse ses deux ex-ministres rebelles

Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott ont payé dans l’affaire SNC-Lavalin

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Justin Trudeau a chassé mardi du caucus libéral les deux anciennes ministres qui ont passé les dernières semaines à défier de front son leadership dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin. 

« J’ai pris la décision d’expulser Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott de notre équipe », a laissé tomber le premier ministre canadien devant une centaine de députés libéraux réunis en caucus extraordinaire, à Ottawa. 

Matthew Usherwood/AGENCE QMI

M. Trudeau a expliqué sa décision en soulignant que le « lien de confiance a été brisé » avec les deux ex-ministres. Ce lien a été rompu définitivement vendredi dernier, lorsque Mme Wilson-Raybould, après avoir démissionné, a rendu public un enregistrement audio d’une conversation téléphonique avec le greffier du Conseil privé, Michael Wernick. L’enregistrement a été réalisé à l’insu de celui-ci. Un geste que le premier ministre a qualifié « d’inadmissible ». 

*Emmanuelle Latraverse a commenté l'affaire au micro de QUB radio:

M. Trudeau a admis que « les dernières semaines ont été difficiles » et que la division des troupes libérales a fait la joie des oppositions. Les libéraux ne cessent de glisser dans les sondages depuis le début de la controverse, qui a éclaté il y a maintenant près de deux mois. 

Mme Wilson-Raybould y est allée d’un ultime plaidoyer dans le but d’éviter l’éviction, mardi. Dans une lettre transmise à ses collègues, l’élue de Vancouver se disait « fâchée, blessée et frustrée » par la situation, en réitérant son intention de se représenter sous la bannière libérale cet automne. Mais le mal était fait. 

 Trop Tard 

 « C’est trop tard, là. Il faut passer à autre chose », a commenté le député libéral montréalais Emmanuel Dubourg. 

 Dans son discours d’une dizaine de minutes, M. Trudeau a dit avoir tout fait pour répondre aux inquiétudes des deux ex-ministres. 

 « Mais au final, si elles ne peuvent pas dire en toute honnêteté avoir confiance en cette équipe, malgré des semaines de témoignages, de conversations avec moi-même et d’autres membres du caucus, elles ne peuvent pas faire partie de cette équipe. » 

 Après des semaines de divisions internes, les députés libéraux ont poussé en chœur un soupir de soulagement au sortir de la réunion d’urgence. 

 « On a fait les efforts possibles pour qu’il y ait une réconciliation. On est arrivés à la conclusion que là, ça suffit. On doit passer à autre chose », a dit la ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau. 

 Allégations 

 La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, admet que son parti « aurait pu mieux gérer cet enjeu ». 

 « On a pris du temps avant de prendre la décision [de les expulser]. Mais en même temps, on voulait donner toutes les chances de se réconcilier avec nos collègues », a-t-elle expliqué. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

 Jody Wilson-Raybould, ex-ministre de la Justice, accuse Justin Trudeau et son entourage d’avoir tenté de s’ingérer politiquement afin d’éviter un procès criminel à la firme d’ingénierie et de construction SNC-Lavalin, pour fraude et corruption, ce que dément fermement le chef libéral. 

 L’Ontarienne Jane Philpott a ensuite quitté son poste de présidente du Conseil du Trésor. 

 Des réactions 

 « Je garde la tête haute et je peux me regarder dans le miroir en sachant que j’ai fait ce que je devais faire et ce qui devait être fait en fonction des principes et des valeurs qui doivent toujours transcender le parti. Je n’ai pas de regrets. J’ai dit la vérité comme je continuerai à le faire. » 

 – Jody Wilson-Raybould, ex-ministre libérale 

 « On m’a accusée de manquer de loyauté et de vouloir renverser le premier ministre. Ces attaques sont basées sur des faussetés et des mensonges. Je n’ai pas initié la crise à laquelle le parti ou le premier ministre sont actuellement confrontés. Jody Wilson-Raybould non plus. » 

 – Jane Philpott, ex-ministre libérale 

 « Les députés libéraux ont fait connaître leur position aux Canadiens. Ils ont choisi de condamner des collègues qui ont dit la vérité et de soutenir un premier ministre qui est embourbé dans le scandale. » 

 – Andrew Scheer, chef du Parti conservateur 

 « Ces deux femmes se sont fait mettre dehors du cabinet et du caucus parce qu’elles respectaient leur propre conviction. » 

 – Alexandre Boulerice, député du Nouveau Parti démocratique