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Au diable, l’avion! L’Amérique en auto-stop

Au diable, l’avion! L’Amérique en auto-stop
Photo Louis-Philippe Messier

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Les blogueurs Roxanne Régimbald et David Sanchez prévoient sillonner le continent américain sur quelque 50 000 km, plus de quatre fois le diamètre de la Terre, à la marche ou « sur le pouce ». Leur périple doit durer deux ans. Par écologisme, le couple s’interdit l’avion. Il compte aussi respecter sa discipline du « zéro déchet ».

Elle a 26 ans, lui 23, mais chacun a déjà des milliers de kilomètres d’auto-stop derrière la cravate. Yukon, Alaska, Californie, Rocheuses pour elle ; Europe, Moyen-Orient, Afrique du Nord pour lui. Ils voyageront le plus légèrement possible (malgré l’équipement vidéo et le drone). Munis de téléphones connectés, ils chercheront des gens où se loger au fur et à mesure. Au pire, ils auront leur tente. Ils seront à l’affût de gens inspirants ou d’initiatives enthousiasmantes pour «bloguer» à leur sujet (une collaboration avec le magazine montréalais L’Itinéraire est par ailleurs prévue).

L’auto-stop, ce n’est pas seulement pour épargner. «Même si je gagne un million de dollars, je vais continuer à faire du pouce, jure Mme Régimbald. C’est le seul moyen de faire partie de la vie des gens pendant quelques heures. Si tu vas à San Francisco en avion, tu peux le faire sans parler à qui que ce soit, mais si tu embarques avec des gens, tu vas en connaître des dizaines, des centaines.»

 

Au diable, l’avion! L’Amérique en auto-stop
Photo courtoisie, Your Wonderland

 

Confessionnal

L’habitacle d’un véhicule où voyage un auto-stoppeur devient souvent une sorte de confessionnal. «Une femme me parlait de chacun de ses seize chats et une autre a fini par me demander de l’aider à s’occuper de sa fille autiste en l’échange d’un toit», se souvient Mme Régimbald.

«Nous parcourrons des régions qui se font normalement ignorer par les touristes et par les journalistes, et nous parlerons à des gens qui échappent au radar médiatique», espère M. Sanchez.

Inspiration

Même s’ils écrivent en français, leur site et leur page Facebook s’appellent «Your Wonderland». Je leur déconseille ce nom anglais sans rapport évident avec leur créneau: la quête de gens inspirants.

Une campagne de sociofinancement Ulule (intitulée «Documentaire, voyage engagé panaméricain») vise à amasser 5000 $, mais ils ont déjà un pécule et partiront le 29 avril quoiqu’il arrive. Leur exemple me force à me demander... Grâce à une application comme «couch surfing», un chroniqueur montréalais ne pourrait-il redécouvrir sa ville en «vivant chez l’habitant» dans différents arrondissements ? Je ne promets rien.