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La perfection pour le CH

La perfection pour le CH
Martin Chevalier / JdeM

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Il faudra que le Canadien atteigne la perfection. C’est trois en trois ou on risque de ranger l’équipement. On a beau analyser cette lutte à trois, on saute toujours à la même conclusion.

Trois victoires ou on doit s’attendre au pire.

Trois gains contre Tampa Bay, Washington (à Washington) et Toronto. Wow ! À première vue, ça semble une mission impossible. Mais, attention. Ce sont trois formations qui ont déjà assuré leur position au classement, à l’exception des Capitals, mais encore là, c’est une question de formalité.

Voyons ce que le calendrier réserve aux Hurricanes et aux Blues Jackets.

Dans le cas des Hurricanes, qui seront à Toronto, ce soir, ils ont également deux autres rendez-vous, contre les Devils du New Jersey à Raleigh et contre les Flyers à Philadelphie.

Peut-on leur accorder quatre points ?

Les Blue Jackets, qui ont gagné leurs cinq derniers matchs, accueillent les Bruins ce soir, puis termineront la saison avec deux matchs en deux soirs, vendredi à New York contre les Rangers et à Ottawa, samedi.

Peut-on leur accorder quatre points ? Si c’est le cas, c’est dans le sac. Les Blue Jackets seront la première équipe qualifiée.

Si tel est le cas, le Canadien aura besoin de six points. Le bris d’égalité, oubliez ça. Le Tricolore est perdant.

Les Penguins : c’est réglé ou presque

Il y a toujours les Penguins... mais ils ont une priorité de cinq points et termineront la saison contre les Red Wings, deux fois, et les Rangers. Donc, les Penguins seront des huit formations de l’Association de l’Est qui, le 10 avril, se lanceront à la conquête de la coupe Stanley.

Oh ! il y a toujours Toronto. Au moment d’écrire ces lignes, les Leafs affrontaient les Islanders, hier soir à Long Island, bon, une défaite soulèvera la colère des partisans de l’équipe. Pourquoi ? Parce que Toronto pourrait se présenter à Montréal, samedi, dans un match où le gagnant accède au tournoi printanier. Une victoire des Leafs, hier soir, et on se préparera à un affrontement contre les Bruins.

Donc, on précisait que c’est trois en trois, rien de moins pour le CH. C’est le scénario qu’on doit retenir, à moins que les Blue Jackets et les Hurricanes piquent du nez.

Carey Price et son groupe affronteront trois des quatre meilleures formations de l’Association de l’Est, ce n’est pas une mince tâche. Ils ont amorcé le sprint final avec une victoire convaincante de 3 à 1 à Winnipeg et les circonstances pourraient aider le Canadien.

Par exemple, le Lightning est déjà assuré de terminer au premier rang. Cette équipe utilisera-t-elle tous ses effectifs ? Victor Hedman est sur la touche. Louis Domingue aussi. Les Capitals, de leur côté, avant les matchs d’hier soir, ont une priorité de trois points sur les Islanders. Avant d’accueillir le Canadien, jeudi, ils auront fait un arrêt en Floride, hier soir. Et il y a Alexander Ovechkin qui veut ajouter des buts à sa collection déjà impressionnante.

Quant aux Leafs, qu’auront-ils à gagner, samedi au Centre Bell, s’ils sont assurés d’une place en série ?

Rien. D’autant plus qu’ils disputeront un quatrième match en six soirs. Mike Babcock accordera-t-il des congés à quelques joueurs importants ? C’est possible.

Une lourde commande

Trois en trois, c’est une lourde commande. Mais, le Canadien a-t-il vraiment le choix ? Et, on ne peut écarter que c’est aussi dans le domaine des probabilités que les Hurricanes réalisent le même exploit.

On n’insistera jamais assez sur le point qu’a perdu le Canadien, il y a trois semaines en Caroline. C’est présentement ce point qui sépare les deux formations.

On ne pouvait souhaiter une fin de saison aussi captivante. Les patineurs les plus déterminés, les plus courageux et les plus habiles à composer avec l’adversité auront un avantage parce qu’ils lutteront avec l’énergie du désespoir.

Ce sera aussi aux entraîneurs de prendre les décisions qui influenceront la tournure des événements. Sous la plume de mon collègue Réjean Tremblay, Guy Lafleur a tenu des propos incendiaires sur le temps d’utilisation de Jonathan Drouin.

On ne peut que partager ses états d’âme... mais il faut aussi y apporter une nuance.

Guy Lafleur a toujours recherché l’excellence et n’a jamais laissé l’adversité amenuiser son désir d’atteindre les plus hauts sommets.

« Vous ne voulez pas profiter de mon talent, alors je vais vous obliger à le faire. » C’était cette volonté qui le poussait à gravir les échelons et à imposer son immense talent.

On souhaiterait que Drouin se manifeste avec une telle attitude. C’est de cette façon qu’il obligerait Claude Julien à comprendre que le joueur talentueux a ses forces et ses faiblesses et qu’on doit avant tout exploiter ses forces. Ce sont ces joueurs qui font la différence.

Or, pour Drouin, plus que jamais, le moment s’y prête.