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Le temps des sucres souffre du froid

Les acériculteurs enregistrent des retards

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Une sortie à la cabane à sucre est un incontournable, affirment Claudette Guillot et son fils Jacques de la cabane à sucre Mart-L de Pont-Rouge, même si les coulées sont timides en raison du froid des dernières semaines.

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Les acériculteurs de la région de Québec ont déjà connu mieux. Le froid fait en sorte que c’est à peine si l’eau d’érable commence à couler.

« Même si ça fait un mois que c’est commencé, on a le quart de la production de fait jusqu’à présent », affirme Kathleen Hogan de la cabane à sucre du Père Normand, à Saint-Sylvestre.

Les journées qui tardent à se réchauffer ont des conséquences. À ce rythme, la saison des sucres 2019 risque de ressembler à une année « standard », selon Mme Hogan.

Elle et son conjoint exploitent une entreprise familiale de 4e génération qui compte 7000 entailles. Comme plusieurs autres, l’agrotourisme représente une part importante des revenus de la cabane à sucre.

Diversifier les revenus

Cette activité permet de compenser la récolte qui s’annonce plutôt décevante jusqu’à présent. Avec 350 places assises, les groupes et les familles se succèdent pour déguster des plats traditionnels.

L’érablière Les 5 Zef de Rivière-à-Pierre connaît elle aussi un retard dans la production avec ses 125 000 entailles.

« Le début a été un peu difficile. Il y a eu énormément de neige. Il a fallu qu’on travaille fort pour sortir les tubes de la neige », a expliqué Alain Gauthier, copropriétaire.

« La saison retarde un peu, mais ce n’est pas encore catastrophique. »

Taux de sucre plus élevé

Petite ou grande consolation, le taux de sucre des érables est supérieur à celui de l’an dernier. « S’il vient des belles journées, on devrait se rattraper. En mars, on fait environ 20 % de notre récolte. Cette année, on a juste fait 5 %. S’il y a une croissance des températures normales, il n’y a pas d’inquiétude à faire une bonne saison. »

« C’est arrivé à deux ou trois occasions qu’on réalise 10 % de la production annuelle dans une seule journée. Quand les érables décident de coopérer, il faut être prêt. C’est très vite rattrapé », a lancé M. Gauthier.

La situation est la même partout dans la région. À Pont-Rouge, par exemple, l’érablière Mart-L est prête à poursuivre la récolte à la chaudière lorsque dame Nature aura donné le signal.

« On n’a pas commencé à ramasser parce que c’est encore gelé », confie Claudette Guillot qui reçoit tout de même les convives qui ont le goût de se sucrer le bec avec les réserves de la maison.

Malgré les débuts timides, le prix à l’épicerie devrait rester autour de 7 $ la boîte, soit environ le même niveau que l’an dernier.