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Le transport collectif: pas très efficace pour diminuer les GES

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Joël Lemay / Agence QMI

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 «Le transport collectif constitue un élément structurant essentiel pour le développement du Québec qui devrait faire partie de toute politique de mobilité durable, de développement durable et de lutte contre les changements climatiques. Les investissements du PACC 2013‐2020 dans le transport collectif ont contribué de façon importante à accroître la mobilité durable des personnes. Ils ont toutefois peu contribué à la réduction des émissions de GES, et leur coût en termes de dollars investis/tonne de GES réduite est élevé.» 

 Cette citation est tirée du Bilan de mi-parcours 2017-2018 du Plan d’Action 2013-2020 sur les Changements Climatiques(PACC)

 
Ainsi, alors que depuis nombres d’années des intervenants vantent les vertus du transport collectif comme moyen efficace pour diminuer les gaz à effet de serre (GES), il s'agit plutôt d'un des moyens les plus coûteux et inefficaces pour les diminuer. 

  

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 Combien la tonne? 

 Combien le transport collectif coûte-t-il par tonne? Le tableau suivant compare les mesures mises en place dans les cadre du PACC 2013-2020 : 

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Ministère de l'Environnement du Québec

  

 Ainsi, le transport collectif s’est avéré LE secteur où les réductions anticipées de GES seront les plus faibles par dollar investi: 1,56 G$ pour un potentiel de diminution des GES de 24 455 tonnes de GES... ou 60 000$ la tonne. 

 C’est: 

 - De 150 à 200 fois plus cher la tonne que les mesures des secteurs industriel, agricole et du bâtiment.
- 50 fois plus cher que les programmes de biométhanisation et de compostage.
- de 120 à 150 fois plus cher la tonne que les programmes Roulez Vert (soutien à l’achat de véhicules électriques), le PREGTI (transport intermodal) et le PETMAF (transport maritime, aérien et ferroviaire). 

 Le rabais à l’achat de véhicules électriques ayant coûté à ce jour presque deux fois moins cher au gouvernement que le malus à l’immatriculation lui a rapporté, cela signifie un coût nul par tonne. Ne reste au gouvernement qu’à connecter les deux mesures et rendre son programme fiscalement neutre... et s’assurer que ces véhicules électriques soient utilisés en covoiturage et en autopartage. 

 Les normes d’émissions n’ayant rien coûté, il faudrait aussi songer à la règlementation pour diminuer les GES de manière peu coûteuse et efficace. 

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Joël Lemay / Agence QMI

  

 Pourquoi alors investir en transport collectif? 

 Parce que, comme le dit très clairement ce même rapport, «les investissements en transport collectif génèrent une multitude d’avantages pour la société québécoise: réduction de la congestion routière, réduction des coûts associés à cette congestion et amélioration de la qualité de vie des citoyens, réduction de la pollution atmosphérique, options accrues de mobilité durable, notamment pour certaines clientèles qui n’ont pas accès à l’automobile, etc.» 

 Qui plus est, des milliers d’emplois structurants sont justement dans le secteur du transport collectif au Québec, que ce soit dans le secteur de la fabrication (autobus, trains, métros, etc), dans l’entretien ou la gestion. On ne peut donc limiter les bienfaits du transport collectif qu’aux seuls GES. 

 Il faut donc investir davantage en transport collectif. 

 Mais il est aussi important de comprendre que le transport collectif traditionnel, même en versions plus modernes, ne saurait constituer LA solution du 21e siècle pour diminuer de manière efficace les émissions de GES en transport du Québec. 

 Par exemple, le Réseau Express Métropolitain, qui coûtera environ 11 G$ sur 20 ans et contribuera à diminuer les GES d’environ 27 200 tonnes par année, coûtera environ 20 000$ la tonne. 

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ALEXIS AUBIN/AGENCE QMI

  

 En guise de comparaison, des mesures gouvernementales efficaces de transition vers l’autopartage, le covoiturage, le transport actif et le télétravail coûtent une infime fraction de ce montant par tonne et sont de plus en plus efficaces grâce à des entreprises et des organismes spécialisés et de nouvelles applications permettant de la flexibilité en mobilité durable. 

 Ceci démontre aussi que le marché du carbone à 20$ la tonne est totalement déconnecté de la réalité et de l’ampleur de la tâche à réaliser. Si on ne devait financer que des projets à ce prix, on ne ferait absolument rien pour diminuer les GES au Québec sauf acheter des crédits, ce qui créerait des emplois... à l’extérieur du Québec. Pas besoin d’être un génie pour comprendre ça.

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