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Les échanges entre Gerald Butts et Wilson-Raybould dévoilés

Les échanges entre Gerald Butts et Wilson-Raybould dévoilés
AFP

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C’était au tour mardi des documents soumis au comité de la Justice par l’ex-bras droit de Justin Trudeau, Gerald Butts, d’être dévoilés, après ceux de Jody Wilson-Raybould la semaine dernière.

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Dans sa riposte, M. Butts réitère son désaccord avec la version des faits de Jody Wilson-Raybould, qui estime avoir été déplacée du ministère de la Justice à celui des Anciens combattants le 18 janvier en raison de sa position ferme dans le dossier SNC-Lavalin.

Des copies de message texte, dont Global News a obtenu copie avant leur publication officielle, montrent que Gerald Butts a nié à plusieurs reprises que le remaniement ministériel était en lien avec l’affaire SNC-Lavalin. Le ton des conversations est devenu de plus en plus acrimonieux plus la date du remaniement ministériel approchait.

À plusieurs reprises au cours des jours qui ont mené au remaniement, Mme Wilson-Raybould a prévenu le bureau de Justin Trudeau que son changement de ministère entraînerait beaucoup de questions et de la grogne auprès des populations autochtones du Canada.

«Ça engendrera de la confusion et de la perplexité. Ce n’est pas à propos de moi – croyez-moi – ceci concerne l’approche envers les Premières Nations», écrit-elle dans un message daté du 8 janvier 2019.

«La situation ne fera que s’empirer et cela m’inquiète profondément», poursuit-elle.

Le 12 janvier, alors que Mme Wilson-Raybould rentrait d’un voyage à Bali, celle-ci a écrit un message texte à Gerald Butts pour le prévenir une dernière fois de «l’erreur» du gouvernement, ajoutant dans un autre envoi qu’elle serait «prête» et qu’elle «connaissait les raisons derrière la décision», en référence à sa position ferme dans le dossier SNC-Lavalin.

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Mais Gerald Butts demeure constant dans sa version des faits, rappelant que la décision d'effectuer un remaniement avait été prise après le départ de Scott Brison du Conseil du Trésor. Jane Philpott avait alors été appelée à remplacer M. Brison, créant un effet domino qui a poussé le premier ministre à nommer David Lametti au poste de ministre de la Justice en remplacement de Jody Wilson-Raybould, affectée au ministère des Anciens combattants après avoir refusé le portefeuille des Affaires autochtones.

«Personne ne t’exclut. En fait, le PM a pris des mesures extraordinaires (uniques, dans mon expérience) afin de t’offrir un cabinet alternatif», écrit Gerald Butts en réponse aux accusations de Mme Wilson-Raybould.Wilson-Raybould s’accroche

Mardi, Jody Wilson-Raybould a fait parvenir à ses collègues du Parti libéral une lettre de deux pages dans laquelle elle s’explique et réitère son désir de demeurer au sein du caucus. Elle en appelle également aux «valeurs» des députés et à ce qu’ils souhaitent défendre.

«En fin de compte, le choix qui vous attend concerne le type de parti auquel vous souhaitez appartenir, les valeurs qu’il défend, la vision qui l’anime et le type de personnes qu’il attirera et qui le composera. Si notre caucus se veut bel et bien un microcosme du pays, la question est de savoir s’il favorise l’inclusion ou l’exclusion; s’il mise sur le dialogue et la tentative de compréhension plutôt que sur la mise à l’écart des points de vue dissidents; et, finalement, s’il préconise les vieilles façons de faire ou les nouvelles approches tournées vers l’avenir», écrit l’ex-ministre de la Justice.

Mais plus les heures passent, plus les députés libéraux sont nombreux à réclamer sur la place publique l’expulsion du caucus de Jody Wilson-Raybould.

Ces derniers dénoncent que l’ex-ministre ait enregistré une conversation privée avec le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, à son insu, en décembre dernier au sujet de l’affaire SNC-Lavalin.

Déjà lundi, plusieurs ministres se sont dits mal à l’aise avec cet enregistrement. Mardi, d’autres membres du caucus ont renchéri, dont le ministre François-Philippe Champagne.

«Comme avocat, j'ai fait des enquêtes d'éthique et je n'ai jamais enregistré personne. Alors, ça soulève des questions sur les motifs», a-t-il déclaré à son arrivée au Parlement.

Cette conversation entre Mme Wilson-Raybould et M. Wernick a été rendue publique – ainsi que des copies de courriels et de messages textes – par le comité de la Justice de la Chambre des communes la semaine dernière. Mme Wilson-Raybould avait fait parvenir aux membres du comité les documents en question afin d’appuyer son témoignage-choc dans lequel elle a accusé le bureau du premier ministre Justin Trudeau de s’être rendu coupable d’ingérence politique afin que soit octroyé un accord de réparation à l’entreprise SNC-Lavalin.

Le sort de l’ex-ministre libérale Jane Philpott, qui a appuyé Mme Wilson-Raybould, demeure lui aussi en suspens. Mardi, Mme Philpott a réitéré sa confiance envers Justin Trudeau, tout en critiquant sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin.

Les députés libéraux doivent se réunir mercredi matin, moment où Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott pourraient se voir montrer la porte du caucus.