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«Pour qu’il y ait un début à votre langue»: quand la désobéissance devient source d’inspiration

«Pour qu’il y ait un début à votre langue»: quand la désobéissance devient source d’inspiration
Photo courtoisie

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MONTRÉAL – La pièce «Pour qu’il y ait un début à votre langue» cherche à remettre en question le quotidien parfois trop confortable de la vie en société et invite ainsi à un grand basculement.

«Au départ, le personnage de Frédéric se lie d’amitié avec Wilson, qui est un jeune issu de la communauté Maasaï, et qui est adopté par une famille de Québécois à 5 ou 6 ans», confie Steve Gagnon, auteur et metteur en scène de la pièce.

Rapidement, le constat que feront ces deux personnages sur la société qui les entoure sera sans appel. « Les deux déplorent la banalité de leur quotidien, du quotidien autour d’eux, déplorent l’abandon, la médiocrité collective, ajoute l’auteur. C’est comme si dans leurs banlieues natale et d’adoption, ils remarquaient que tout le monde abandonnait ses rêves, ses désirs, ses revendications au profit d’un confort.»

Cela dit, bien que le jugement soit sévère, le texte de Steve Gagnon n’en devient pas désespérant. Ces deux personnages, qui deviendront bientôt un trio, cherchent à travers la désobéissance à leur quotidien une terre d’exil où ils pourront y retrouver une vraie liberté.

«Ils revendiquent leur droit d’avoir une vie grandiose, d’être complètement libre, de faire les choix qu’ils veulent faire, d’être ce qu’ils veulent être, et donc de s’éloigner de cette banlieue-là», poursuit Steve Gagnon.

La pièce se déroule dans une banlieue du Québec et l’on suit les personnages de Frédéric, Odile et Wilson à travers leur quête de liberté et leur volonté de ne rien abandonner.

Démarche d’écriture hors du commun

Le texte de la pièce a été écrit dans un village maasaï, au Kenya, la même région d’où provient le personnage de Wilson. Pour Steve Gagnon, c’est une manière de se mettre en danger, de sortir de son quotidien.

«C’est une façon pour moi de me déstabiliser, pour stimuler le processus de création, pour que ce processus-là ne s'enclenche pas dans une zone confortable mais s'enclenche dans quelque chose qui est inconnue», a ajouté l’auteur.

Le lieu est loin d’être anodin également. Le village maasaï où s’est exilé Steve Gagnon représente un peuple indépendant qui encore aujourd’hui réussit à résister à la modernité et à l’influence occidentale.

«C’est une communauté autonome, autosuffisante, qui a sa propre langue, ses propres rituels. C’est un peuple très résistant, de guerriers, semi-nomade, et donc je trouvais qu’il y avait vraiment des thèmes qui recoupaient ceux de la pièce», explique Steve Gagnon.

  • La pièce «Pour qu’il y ait un début à votre langue» sera présentée du 3 au 20 avril à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier.