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Rendez-vous santé Québec: Barrette accuse son parti d’avoir manqué de courage

Gaetan Barrette
Photo Agence QMI, Simon Clark Gaetan Barrette

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QUÉBEC – Gaétan Barrette accuse l’ancien bras droit de Philippe Couillard de l’avoir empêché de régler l’accès aux médecins de famille. 

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L’ex-ministre de la Santé aurait notamment écrit un règlement qui forcerait les omnipraticiens à s’inscrire au système public de rendez-vous médical en ligne, qui avait été prévu dans sa loi 20 sur l’accès à un médecin de famille. Notre Bureau d’enquête révélait mardi que la plateforme Rendez-vous santé Québec (RVSQ) est boudée par les médecins de famille, notamment parce qu’elle les oblige à rendre accessible leur horaire de travail. 

M. Barrette reproche à son ancien gouvernement d’avoir manqué de courage dans les négociations qui ont eu cours avec les médecins généralistes. 

«Ç’a été suspendu par ceux qui ont négocié l’entente, lorsque j’ai été retiré des négociations, une chose que je n’aurais pas faite. C’est quelqu’un d’autre qui l’a fait. Cette personne-là s’appelle Roberto Iglesias, et je n’étais pas d’accord», a-t-il indiqué lors d’une mêlée de presse, mardi. 

Roberto Iglesias, ex-secrétaire général du conseil exécutif, avait été nommé négociateur par Philippe Couillard, au détriment de M. Barrette. 

«Si j’avais pu terminer les choses, et faire le peaufinage dans un deuxième mandat, au moment où on se parle, la première ligne serait complètement réglée. Complètement», a ajouté M. Barrette. 

McCann peut agir 

Toujours selon lui, la ministre de la Santé Danielle McCann pourrait rendre efficace la plateforme RVSQ en rédigeant un règlement qui forcerait les médecins à s’y inscrire, mais refuse de le faire par crainte de «faire de la peine aux médecins». 

«Si M. Carmant et Mme McCann veulent prendre leurs responsabilités, [...] ils n’ont qu’à mettre une date d’application de l’article qui a été dûment voté à l’Assemblée nationale. Ça prend un coup de crayon, une feuille, un règlement, une publication dans la Gazette [du Québec] et c’est terminé», a-t-il indiqué. 

«Je l’ai mis dans la loi, spécifiquement parce que je savais que les médecins allaient résister. La dernière chose que les médecins veulent voir, c’est qu’on voit [leur] offre de service», a-t-il ajouté. 

Collaboration 

De son côté, Mme McCann a dit vouloir opter pour la collaboration plutôt que la coercition avec les médecins. 

«Moi, j’ai confiance, on est vraiment dans un travail de collaboration, et vous allez voir les effets dans les prochaines semaines», a-t-elle affirmé. 

«Il faut faire un peu de marketing avec nos médecins», a-t-elle également ajouté, notamment à travers de la «formation». 

Malgré les ratés, le ministre délégué à la Santé Lionel Carmant a dit vouloir donner une dernière chance à la plateforme RVSQ, mais n’exclut pas d’y mettre fin si la situation ne s’améliore pas d’ici 2020. 

«Si jamais on voit qu’il y a de la difficulté, on pourra re-statuer. Mais, pour le moment, on veut vraiment y aller avec Rendez-Vous Santé Québec», a-t-il dit, sur les ondes de LCN

Selon lui, une des raisons pour laquelle la plateforme est boudée par les médecins est qu’ils ne savent pas comment l’exploiter. «Ce qu’il faut, c’est leur montrer comment l’utiliser», a-t-il indiqué. 

Les médecins préfèrent le privé 

La Fédération des médecins omnipraticien du Québec (FMOQ) admet que les Groupes de médecines familiales préfèrent travailler avec Bonjour Santé ou d’autres systèmes privés existants. 

«Les médecins ont eu beaucoup de mauvaises expériences avec des choses qui ont été lancées par le ministère et qui n’étaient pas à point», a affirmé Jean-Pierre Dion, le directeur des communications de la FMOQ. Il souligne que les médecins avaient des positions diamétralement opposées à celles de l’ancien ministre Gaétan Barrette. 

La FMOQ soutient néanmoins avoir eu des discussions constructives avec Lionel Carmant. Ainsi, la fédération compte travailler avec le ministère afin de corriger les problèmes de la plateforme RVSQ. «Pour les médecins, si le RVSQ est bien et est pratique, ils vont y adhérer [...]. On a demandé un comité pour le pilotage de l’implantation», a souligné M. Dion. 

Par le passé, le FMOQ défendait le libre choix. Selon elle, les médecins de famille pouvaient d’adhérer au système de prise de rendez-vous électronique de leur choix. 

De son côté, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) se dit inquiète du mauvais rendement de RVSQ. Selon l’organisation, il faut absolument un système efficace de rendez-vous, pour ensuite permettre aux patients l'accès le plus rapide possible aux médecins spécialistes. «Sinon, on met en péril le Centre de répartition des demandes de service (CRDS) qui priorise les rendez-vous en médecine spécialisée. Nous sommes très inquiets», a plaidé le syndicat sur Twitter. 

- Avec la collaboration de Nicolas Lachance