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Consentement automatique pour le don d’organes au Québec?

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Le Québec pourrait-il s'inspirer de la Nouvelle-Écosse en matière de don d'organes? La ministre de la Santé est loin d'écarter cette possibilité alors que la province des Maritimes s'apprête à opter pour le consentement automatique. 

On veut ainsi améliorer les espoirs de ceux qui sont en attente d'un don d'organe. Olivier Lanthier, 14 ans, a été un de ceux-là pendant deux mois. 

Il a subi une transplantation cardiaque au CHU Sainte-Justine il y a deux semaines. Son cœur était malade depuis très longtemps et il a dû être réanimé trois fois en janvier dernier. 

«C'est incroyable! C'est le plus beau cadeau que j'aurais jamais pu avoir», a-t-il dit. 

Ses parents sont en faveur du don d'organes automatique. «Ça pourrait augmenter le ratio de dons. On sait qu'il y a 20 dons sur un million de personnes», a affirmé Bruno Lanthier, le père d’Olivier. 

«Sachant qu'on peut sauver jusqu'à huit vies, dont des enfants, je pense que ça peut aider les gens à traverser un deuil qui est très difficile», a ajouté sa mère, Marie-France Hamel. 

Contrairement au Québec, où il faut signer sa carte de donneur et avoir consenti pour léguer ses organes lors du décès, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse a déposé un projet de loi pour modifier les pratiques actuelles. Celui-ci aurait, grosso modo, pour effet d'inverser la formule actuelle en faisant des Néo-Brunswickois des donneurs d'organe à la base. Ceux-ci devraient ensuite retirer eux-mêmes leur consentement s'ils ne veulent pas faire de dons d'organe. 

«C'est lorsque les gens n’auront pas fait connaître leur volonté, ni oui ou non, qu'on aura présumé à ce moment-là qu'ils auraient décidé d'être un donneur au moment de leur décès», a expliqué Louis Beaulier, président de Transplant Québec. 

Et au Québec? 

La Belle Province n'est pas fermée à l'idée d'adopter une loi similaire. La ministre de la Santé du Québec étudie la question. «On va voir comment la population réagit et comment ça se déroule, puis on va regarder si on pourrait s'en inspirer. Mais c'est trop tôt pour le dire», a affirmé Danielle McCann. 

Un médecin consulté par TVA Nouvelles doute toutefois de l'intérêt de la mesure. «Exemple, on l'a fait au Brésil en 97. Il a fallu arrêter parce qu'on avait commis l'odieux de dire "on le fait même si la famille s'y oppose". Et ç’a tellement nui qu'un an plus tard, il a fallu qu'ils arrêtent ça», a souligné le Dr Pierre Marsolais, coordonnateur des dons d’organes à l’hôpital du Sacré-Cœur. 

Actuellement, au Québec, 50 % de la population a déjà fait savoir qu'elle était prête à donner. Cela dit, il est important de parler de son choix à ses proches, alors que 37% des familles refusent le don d'organes, même si le donneur a signé sa carte.