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Dispute autour des paddocks de Formule 1

Des travaux de toiture auraient été mal réalisés sur le circuit

Afin d’organiser le Grand Prix de F1, la Ville de Montréal s’est engagée à payer des rénovations majeures au circuit Gilles-Villeneuve, dont la construction de nouveaux paddocks à près de 60 M$.
Photo Chantal Poirier Afin d’organiser le Grand Prix de F1, la Ville de Montréal s’est engagée à payer des rénovations majeures au circuit Gilles-Villeneuve, dont la construction de nouveaux paddocks à près de 60 M$.

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À deux mois du Grand Prix de Formule 1 du Canada, le constructeur des nouveaux paddocks du circuit Gilles-Villeneuve à Montréal n’a pas payé un demi-million de dollars à un sous-traitant à cause de travaux non conformes.

Le différend oppose Toitures Techni Toit et l’entrepreneur général Groupe Geyser qui a obtenu le contrat de 59 M$ d’argent public pour la réfection des puits et des garages.

Groupe Geyser, via sa responsable des communications, Karine Grondin, soutient que « des produits de mauvaise qualité [...] ont été utilisés, notamment le pare-vapeur ».

C’est la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) qui a relevé les travaux non conformes.

« Il y a une partie à refaire et un nouvel entrepreneur est déjà sur le chantier », soutient Mme Grondin.

C’est pour cette raison que l’entrepreneur général retient son paiement.

Hypothèque légale

Techni Toit, de son côté, a pris la semaine dernière une hypothèque légale de construction sur le bâtiment appartenant à la Ville de Montréal pour 538 000 $. C’est l’équivalent du montant des matériaux fournis par le sous-traitant, « lequel n’a pas été payé », souligne le document déposé au registre foncier.

En procédant ainsi, Techni Toit tente de protéger les sommes qui lui sont dues.

Joint par téléphone, son président, Jessy Lacharité, n’a pas voulu commenter la situation dans l’espoir que son différend avec Groupe Geyser et la SPJD « se règle ».

Même si les travaux ne sont pas encore terminés, tant le Groupe Geyser que la SPJD assurent que l’échéancier et le budget seront respectés.

Deux fois plus cher

La Société du parc Jean-Drapeau a octroyé à Geyser le contrat de réfection des paddocks en avril 2018.

Les fonds viennent principalement de la Ville (41 M$), tandis que le gouvernement du Québec a allongé 18 M$ pour ce projet.

C’est presque le double de l’estimation initiale de 32 M$, faite en 2014.

À l’époque, l’administration de Denis Coderre s’était engagée à construire de nouvelles installations au circuit Gilles-Villeneuve afin de conserver la course de F1 à Montréal pour 10 ans, jusqu’en 2024.

« Ce sont des sommes importantes », a convenu le responsable des grands parcs, Luc Ferrandez, au moment d’autoriser le contrat.

« Mais il est hors de question aujourd’hui de reculer », a assuré celui qui est l’un des bras droits de la mairesse Valérie Plante.

En plus de l’augmentation du coût de reconstruction des paddocks, la Ville a dépensé 16 M$ de plus pour la remise à neuf de la « zone hospitalité » du circuit.

Elle a également dû payer une « compensation » de 4 M$ à la F1 parce que les garages n’ont pas été livrés comme prévu en 2017.

Finalement, les trois paliers de gouvernement subventionnent ensemble à hauteur de près de 20 M$ par an l’événement de course automobile. En échange, l’État reçoit des redevances sur la vente des billets.

– Avec la collaboration de Philippe Langlois