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Expulsions de Wilson-Raybould et Philpott: le féminisme de Trudeau à nouveau mis en cause

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OTTAWA | Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a été forcé mercredi de défendre son bilan en tant que leader féministe après avoir expulsé de son caucus deux ex-ministres de la gent féminine dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.  

Au lendemain de l'expulsion de Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, des dizaines de jeunes femmes qui participent à des simulations de travaux parlementaires se sont levées pour tourner le dos à Justin Trudeau alors qu’il s’adressait à elles en Chambre.  

Ces 338 « Héritières du suffrage » sont sur la colline parlementaire jusqu’à jeudi et prennent la place du député de leur circonscription durant les activités auxquelles elles prennent part.  

«C’est extrêmement décevant de voir le traitement réservé à une femme autochtone qui a été nommée [ministre] par Justin Trudeau», avait dit l’une des participantes à TVA Nouvelles avant de se rendre à la simulation de mercredi.  

M. Trudeau a pourtant abordé la question de front en s’adressant à elles, assurant que les avis différents et les voix des femmes ont leur place au sein du parti libéral. À noter que plusieurs «héritières» étaient aussi sorties de la salle pendant le discours du chef conservateur, qui a pris la parole avant le premier ministre.  

«Le message que j’envoie aux jeunes femmes qui sont ici aujourd’hui et à toutes celles au Canada, c’est qu’elles doivent s’impliquer en politique. On a besoin d’opinions et de perspectives qu’elles vont emmener», a soutenu le premier ministre lorsque l’incident a été souligné par le chef néodémocrate Jagmeet Singh à la période des questions.  

M. Trudeau a énuméré du même souffle plusieurs femmes qui font partie de son équipe, comme la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland et la ministre de la Francophonie Mélanie Joly.  

Les députés des oppositions bloquiste et conservatrice n'ont pas hésité à accuser le premier ministre de nuire à la cause féministe.  

«Cela envoie le message aux femmes qui voudraient lancer l’alarme qu’elles sont mieux de ne pas le faire», a dit la députée conservatrice manitobaine Candice Bergen.  

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Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a de son côté laissé entendre que l’exclusion de deux femmes du caucus libéral pourrait en décourager d’autres de s’impliquer en politique.  

«Au moment où je travaille fort pour aller chercher des candidatures féminines et représentatives de la société civile pour se présenter avec le Bloc québécois, c’est sûr que ça ne m’aide pas», a-t-il dit.  

Plusieurs femmes libérales ont défendu le premier ministre, dont la ministre de la Francophonie Mélanie Joly. Cette dernière a qualifié de «faux débat» la remise en question du dévouement du gouvernement Trudeau pour l'égalité de genres.  

«La loyauté n’est pas une affaire d’homme ou femme. Lorsqu’on est dans une équipe et qu’on doit se fier sur nos collègues qui font partie de cette équipe-là, la confiance est importante», a-t-elle fait valoir pour explique l’expulsion des anciennes ministres du caucus libéral.   

Appelée à réagir elle-même sur cette question, Mme Philpott s’est contentée de dire que M. Trudeau avait fait un «bon travail » ces dernières années et qu’elle lui souhaite de continuer sur cette voie.