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La gaffe de Mme Guilbault

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Aïe, aïe, aïe...

La vice-première ministre du Québec a fait une méchante boulette hier. C’est sa première, mais c’en est toute une.

Mauvais moment

Évidemment, on ne peut pas clouer au pilori la joueuse étoile de ce jeune gouvernement. Après tout, elle brille de mille feux depuis son arrivée en politique québécoise.

Mais s’il y a bien un dossier qui demande le plus grand doigté, c’est celui de la laïcité. Depuis le dépôt du projet de loi 21, la semaine dernière, nous sommes nombreux à avoir exigé la tenue d’un débat public serein.

Ce faisant, nous visions davantage les dénonciateurs de la volonté gouvernementale traditionnellement prompts à traiter de raciste, de xénophobe et d’intolérant quiconque veut fixer des balises quant à la place de la religion dans l’État.

Nous implorions ces gens de ne pas faire déraper le débat. D’être responsables. Or, les commentaires de madame Guilbault ont tôt fait de démontrer que les dérives peuvent venir d’un côté comme de l’autre.

Bien sûr, il faut dénoncer les étourdis qui font appel à la désobéissance civile. Leur posture est déshonorante, surtout lorsqu’il s’agit de dirigeants de commissions scolaires ou d’éminents juristes. Mais de là à dire que c’est la police qui réglera le cas des récalcitrants, il y avait un pas à ne pas franchir.

Défi immense

Pour illustrer à quel point le défi était énorme de faire atterrir un projet de loi aussi délicat pour un jeune gouvernement inexpérimenté, je disais la semaine dernière à La Joute que ça me faisait penser à un joueur de ligne au football qui tente de faire de la fine couture.

En clair, le risque de faire une coche mal taillée est immense. On a l’impression que le gouvernement n’a pas le droit à l’erreur dans ce dossier. Malheureusement, Geneviève Guilbault en a commis une, hier.