/sports/ski
Navigation

Le fabuleux destin de Theodor Dumitrescu

Le fabuleux destin de Theodor Dumitrescu
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Ayant confirmé sa retraite sportive plus tôt cette semaine, le skieur acrobatique Olivier Rochon est maintenant prêt pour le prochain chapitre de sa vie, une vie entamée il y a près de 30 ans en Roumanie sous le nom de Theodor Dumitrescu.

«Quand on décide de prendre sa retraite, ça vient avec une bonne rétrospective et je suis conscient à quel point j’ai été chanceux d’avoir été adopté, a confié Rochon, lors d’une entrevue accordée mercredi. Mes parents ont toujours été là pour me supporter. Ils ont toujours été mon commanditaire numéro un, non affiché. Aujourd’hui, je les remercie grandement.»

Joint au téléphone, son père Martin Rochon affiche des sentiments partagés, tout en reconnaissant que son fils, adopté à 1 an, accroche ses skis au moment opportun. Déjà, les blessures ont été trop nombreuses.

«Je ressens une immense fierté, mais il y a aussi un petit pincement au cœur de savoir que cette grande aventure prend fin, a exprimé le paternel. Je suis quand même émotif car on l’a toujours accompagné là-dedans. Je suis fier de lui et de l’homme qu’il est devenu.»

Une boule d’énergie

Olivier Rochon aura effectivement beaucoup évolué depuis son inscription à la gymnastique, dans la région de l’Outaouais, alors qu’il était bambin. L’objectif était alors de tempérer un enfant particulièrement vigoureux.

«C’était un enfant très enjoué, une boule d’énergie», a reconnu son père, en riant.

Après une introduction au ski, le petit Olivier a éventuellement choisi de mettre à contribution son talent à l’épreuve des sauts. À l’image de cette spécialité, l’athlète a vécu des hauts et... des bas.

Dissipé à ses débuts avec l’équipe nationale, Rochon avait ainsi raté sa qualification pour les Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Il a ensuite subi une malencontreuse blessure qui lui a fait manquer le rendez-vous de Sotchi, en 2014. L’idée de prendre sa retraite lui était alors venue à l’esprit, mais il a fait preuve de persévérance.

Le fabuleux destin de Theodor Dumitrescu
AFP

Conclure en beauté

Son choix de continuer aura d’ailleurs été salvateur, lui qui a réussi la performance de sa vie aux récents Jeux de Pyeongchang. Il a ainsi pris le cinquième rang. Parmi ses autres exploits, rappelons que Rochon avait remporté le globe de cristal de sa spécialité en 2012.

«Au-delà des résultats, le sport m’a amené la discipline et la maturité, a retenu Rochon. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, je prends ma retraite et que ce n’est pas pour moi une décision déchirante. C’est une décision logique et réfléchie.»

Quant à son avenir, le sportif a complété son inscription pour entamer, en septembre prochain, un programme en éducation spécialisée au Collège Héritage, à Gatineau.

Un parcours formateur

Déjà, Rochon a commencé à côtoyer des jeunes dans différentes écoles de Gatineau, oeuvrant en service de garde et en faisant de la suppléance en éducation physique.

«J’aime ce type de travail avec les enfants, a-t-il mentionné. C’est le début du modelage de qui ils vont être plus tard.»

Ses skis accrochés, Rochon tentera maintenant de donner aux jeunes, comme son père Martin et sa mère France Lévesque l’ont fait avec lui. Mieux encore qu’une médaille olympique, le sport lui a enseigné des valeurs qu’il compte maintenant transmettre.