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Mission humanitaire au Liban : « J’ai vu des cas qui brisent le cœur parmi les réfugiés à opérer »

Sami Moubayed
Photo Agence QMI, Joël Lemay Sami Moubayed

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Après avoir soigné bénévolement 335 personnes en moins de cinq jours au Liban avec l’aide de sept autres chirurgiens de l’étranger, un Montréalais au grand cœur revient sur une mission humanitaire où il a travaillé d’arrache-pied pour traité des réfugiés syriens, dont certains se trouvaient dans un état critique.

Sami Moubayed est le seul Canadien à avoir participé à la dernière mission chirurgicale, au Liban, orchestrée par l’organisme Syrian American Medical Society (SAMS).

Près de 40 000$ ont été investis par l’organisme, qui réussit à fonctionner grâce aux dons du public, pour sauver ces réfugiés syriens qui n’ont pas accès au système de santé libanais.

Sami Moubayed
Photo courtoisie, Syrian American Medical Society

 

« Le tiers de la population du Liban, ce sont des réfugiés. Ces gens n’ont accès à aucun soin de santé, même pas de base. Autant les enfants que les adultes », déplore le Dr Moubayed, chirurgien ORL au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

« On voit beaucoup d’enfants qui ont besoin de chirurgies mineures et qui ont besoin de se faire opérer les amygdales par exemple. Leurs problèmes les font même décrocher de l’école. Mais sans nous durant ces cinq journées, ces gens n’auraient tout simplement pas d’accès aux soins de santé», ajoute-t-il.

Du 10 au 14 mars, l’équipe de huit chirurgiens a traité 335 patients, soit 233 dépistages réalisés et 102 chirurgies performées durant cette mission.

Sami Moubayed
Photo courtoisie, Syrian American Medical Society
Sami Moubayed
Photo courtoisie, Syrian American Medical Society

 

« On allait travailler dans des régions très pauvres et on louait des locaux dans un hôpital. C’était des journées très, très intense. On quittait l’hôtel à 6 heures du matin et on revenait à 1 heure le soir. J’ai vu des cas qui brisent le cœur parmi les réfugiés à opérer », indique le chirurgien de 32 ans, qui en est à sa deuxième mission humanitaire avec SAMS.

Le Dr Moubayed complète normalement trois chirurgies par jour lorsqu’il travaille à l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Au Liban, ce chiffre a grimpé à cinq.

Un cas « extrême »

L’équipe de chirurgiens a surtout réalisé des opérations pour des cancers négligés à la tête et au cou, des reconstructions pour des traumas ou des brûlures, des chirurgies de strabismes et même pour des amygdales durant leur séjour.

« Il y a un cas en particulier d’un garçon de cinq ans qui est marquant. Sa famille vivait dans des conditions difficiles avec des chambres où il y a 10 ou 15 personnes en même temps. Sa mère faisait des frites et le chaudron d’huile brûlant est tombé sur le thorax et le cou du garçon », mentionne Sami Moubayed.

Sami Moubayed
Photo courtoisie, Syrian American Medical Society

 

« Son cou a finalement guéri sur sa poitrine... poursuit-il. Il a passé plusieurs années incapables de lever son menton et on a finalement réussi à le libérer de ses cicatrices. »

Étant lui-même d’origine syrienne, le chirurgien se dit aujourd’hui dans l’obligation de redonner à sa communauté et c’est pourquoi il a décidé de devenir bénévole pour SAMS .

« Ça aurait pu être moi dans leur situation. Ma famille a immigré à Ahuntsic-Cartierville quand j’étais jeune. C’est une chance d’avoir été accepté en tant qu’immigrants au Canada. Je vois ça comme un devoir de les aider un petit peu en retour. »

Sami Moubayed
Photo courtoisie, Syrian American Medical Society