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La tempête prévisible

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L’opposition au projet de loi 21 sur la laïcité s’organise. La désobéissance civile est évoquée. Des commissions scolaires et des élus municipaux jurent qu’ils n’appliqueront pas la loi si elle est adoptée. Cette vague rapide de contestation en étonne plusieurs. La tempête était pourtant prévisible.

Elle est en fait le copier-coller de ce qui attendait le gouvernement Marois si sa « charte des valeurs » avait été adoptée. Laquelle, rappelons-le, aurait interdit le port de signes religieux à travers l’entièreté de la fonction publique et parapublique.

Bref, un gouvernement, quel qu’il soit, ne doit pas s’attendre à ce qu’un geste menant à la restriction de certains droits fondamentaux ne soit pas contesté de manière pacifique. D’autant plus que cette fois-ci, le recours aux clauses de dérogation empêchera toute contestation juridique.

Droit de parole

En démocratie, les citoyens ont le droit de s’exprimer. Là où le bât blesse est lorsque des élus et des commissions scolaires s’engagent eux-mêmes à ne pas respecter une loi. C’est d’une irresponsabilité sans nom.

À l’émission Mordus de politique, l’ex-député de Québec solidaire Amir Khadir en disait ceci : « Sur le port de signes religieux, je pense qu’on est vraiment loin d’un contexte qui se prête à [la désobéissance civile]. Si on embarque là-dedans, on est en train d’alimenter une espèce de drame politique [...]. Il faut apaiser. Il faut trouver des terrains de compromis ».

Sagesse

Ces paroles sont d’une immense sagesse. Elles valent d’ailleurs tout autant pour les opposants au projet de loi 21 que pour le gouvernement de François Legault. Tous les Québécois méritent que, dans ce dossier délicat et émotif, une modération véritable et une écoute réelle s’installent de part et d’autre.

Si Paris vaut bien une messe, le Québec vaut bien un dialogue authentique sur une question touchant le port de signes qui, plus souvent qu’on ne le pense, ne sont pas que religieux, mais aussi culturels et identitaires.