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«Air Cocaïne»: l'heure du verdict

«Air Cocaïne»: l'heure du verdict
AFP

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AIX-EN-PROVENCE | Les neuf accusés du procès «Air Cocaïne», en France, ont prononcé vendredi leurs dernières paroles avant le verdict de la cour d'assises spéciale vendredi après sept semaines d'audience.

Les cinq juges professionnels se sont retirés dans la matinée pour des délibérations qui devraient durer une bonne partie de la journée.

Des peines allant jusqu'à 25 ans de prison ont été requises dans cette affaire de trafic de drogue en bande organisée, entre Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur française, les Caraïbes et Quito.

«J'ai peur, mais je compte sur vous pour enlever cette peur», a déclaré Pascal Fauret aux juges, visiblement ému, vendredi matin. Il avait été arrêté, avec son collègue Bruno Odos, en mars 2013 en République Dominicaine, alors qu'ils s'apprêtaient à prendre les commandes d'un Falcon 50 chargé de 700 kilos de cocaïne en mars 2013 en République dominicaine.

La justice locale les a condamnés à 20 ans de prison, mais ils ont pris la fuite. Le ministère public a demandé sept ans de prison à leur encontre.

«Ce que j'ai entendu dans le réquisitoire», selon lequel les pilotes savaient que leur avion transportait de la drogue, «c'est pas ma vie», a complété son ancien collègue Bruno Odos.

Dans le secret des délibérations, les juges vont devoir faire le tri entre des centaines d'expertises, témoignages et interrogatoires, sept ans après la première de trois rotations transatlantiques suspectes d'un Falcon 50.

Au cours de son réquisitoire-fleuve d'une dizaine d'heures, l'avocat général Marc Gouton a assuré n'avoir pas «l'ombre de l'ombre d'un doute» sur l'existence du trafic. Il estime que tous les accusés avaient conscience de participer à un trafic de drogue, prenant des précautions pour brouiller les pistes en changeant constamment les plans de vol par exemple, et ont continué de le faire après le premier des trois rotations suspectes.

Les accusés eux, nient tous avoir participé sciemment au trafic, sauf un, Frank Colin, acteur-clé qui prétend être un «agent infiltré» et contre qui 12 ans ont été requis. La défense s'appuie sur l'absence de preuves matérielles ou les conteste.

Pour les avocats d'Ali Bouchareb, présenté comme le commanditaire des trois rotations suspectes entre Saint-Tropez, Punta Cana ou encore Quito, le seul accusé à comparaître détenu, l'accusation n'est qu'une «construction intellectuelle» pour faire condamner leur client, mis en cause dans d'autres affaires de drogue.

Sept ans de prison ont été requis à l'encontre d'un collègue et du patron des pilotes, Fabrice Alcaud et Pierre-Marc Dreyfus, pour leurs «rôles complémentaires», et quatre ans contre un douanier complice, François-Xavier Manchet.