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Legault veut réparer la gaffe du REM

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Le premier ministre François Legault ne veut plus que le Québec se fasse passer un sapin dans l’octroi de contrats publics de matériel roulant, comme ce fut le cas avec les wagons indiens du REM de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Voilà pourquoi il entend imposer un seuil minimal de contenu local dans les appels d’offres de matériel roulant, soit au moins 25 %, ce qui respecte la norme de l’entente que le Canada a conclue avec l’Europe au sujet des appels d’offres publics.

Bravo au chef caquiste pour cette initiative ! Il met ainsi la table en vue du projet de construction du tramway de la ville de Québec, évalué à quelque 3 milliards de dollars.

Avec un seuil minimal, François Legault veut notamment éviter que les employés à l’usine de fabrication de wagons de Bombardier de La Pocatière perdent leur emploi à cause des contrats publics octroyés à des entreprises misant sur la fabrication étrangère.

Faute de contrats, 85 employés de Bombardier à La Pocatière font actuellement l’objet d’un licenciement.

LA GAFFE DU REM

L’une des pires gaffes de l’ancien gouvernement Couillard, c’est de ne pas avoir imposé un seuil minimal de contenu local lors de l’appel d’offres pour le matériel roulant du REM de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Ce qui a permis au grand patron de la Caisse, Michael Sabia, et son bras droit de l’époque, Christian Dubé, l’ex-vice-président Québec, devenu président du Conseil du trésor du gouvernement Legault, de privilégier l’achat de wagons indiens au détriment de wagons de Bombardier fabriqués à La Pocatière. Et ce, sous prétexte qu’ils coûtaient un peu moins cher.

Après avoir englouti 6,3 milliards $ d’argent public dans le REM, ce seront les wagons indiens de la multinationale Alstom qui seront mis en vedette dans ce vaste projet québécois d’infrastructure.

La décision de la Caisse de favoriser Alstom au détriment de Bombardier Transport est d’autant frustrante et choquante que la Caisse avait précédemment investi 2 milliards $ pour devenir actionnaire à hauteur de 30 % de Bombardier Transport.

L’art de se tirer dans le pied !

Qui plus est, la décision de la Caisse de choisir les wagons indiens a coûté cher au gouvernement libéral, voire des centaines de millions $ imprévus.

L’ex-premier ministre Philippe Couillard avait dû faire adopter un projet de loi pour devancer l’acquisition de 153 voitures additionnelles pour le métro de Montréal, et ainsi éviter la mise à pied des 200 travailleurs de l’usine de Bombardier à La Pocatière.

LES RETOMBÉES

Quand il s’agit de contrats publics entièrement défrayés par les gouvernements (Québec et/ou Ottawa), il est économiquement avantageux d’octroyer des contrats aux entreprises qui font travailler les gens d’ici.

Pourquoi nombre de pays (dont les États-Unis, la Chine, les membres de l’Union européenne, etc.) ont-ils recours à des mesures protectionnistes ? Pour s’assurer de faire travailler leur main-d’œuvre locale.

Legault est convaincu du bien-fondé de contenu local.

Reste à convaincre le gouvernement fédéral, dont la société d’État VIA Rail a récemment accordé un contrat de matériel roulant de 1 milliard $ à l’allemande Siemens, qui lui fournira des wagons californiens.