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Les maudits hommes blancs riches!

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C’est aujourd’hui que Grâce à Dieu prend l’affiche.

Ce film de François Ozon, qui raconte la vraie histoire d’hommes victimes du prêtre pédophile Bernard Preynat, en France, est bouleversant.

Mais il semble que pour certaines féministes, donner ne serait-ce qu’une fois la parole aux hommes violés, c’est déjà trop.

Et si en plus ces hommes sont riches, et qu’ils ont le malheur d’être blancs, alors là, ces féministes ont un malaise à ce qu’on leur consacre tout un film.

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Une gifle pour les hommes violés

Mercredi, j’étais dégoûtée en entendant à la radio de Radio-Canada, la chroniqueuse Evelyne Charuest déplorer le fait que dans Grâce à Dieu : « Le premier dénonciateur, le premier qui ose dénoncer le père Preynat publiquement, c’est un riche homme blanc ».

Pouvez-vous me dire en quoi le fait qu’un homme soit riche et blanc change quoi que ce soit au fait qu’il s’est fait peloter par un curé ?

Misère, heureusement qu’elle n’a pas spécifié en plus qu’il était hétéro (et père de cinq enfants).

Ça aurait été préférable, pour madame la chroniqueuse, si cette victime avait été une « personne racisée » ? J’imagine que dans ce cas, elle aurait trouvé que cette histoire vraie méritait notre compassion ?

Le réalisateur François Ozon n’a pas décidé que c’était un banquier qui s’était fait tripoter chez les scouts, ce n’est pas un scénario inventé, il raconte de vraies agressions sordides !

La chroniqueuse a le culot de se réjouir que, plus tard dans le film, on raconte l’histoire d’un homme victime qui lui, n’a pas réussi dans la vie.

Ben oui, chose, « heureusement », qu’on ne raconte pas juste la vie de « riches hommes blancs ».

Je savais que les discours de « gogauche » étaient monnaie courante à Radio-Canada, que la haine de l’homme blanc riche était répandue, mais il y a quand même des limites à dire des sottises !

La chroniqueuse ose dire au sujet de Grâce à Dieu que c’est, et je cite, « encore une histoire d’hommes alors que les abus de ce type, c’est un problème tellement féminin ».

Comment ça « encore » ? L’histoire du cinéma est remplie de films sur les hommes abusés ? Les femmes ont le monopole de la souffrance ?

La chroniqueuse en rajoute une couche : « François Ozon évite le piège avec deux scènes toutes en subtilité qui viennent rééquilibrer les choses et remettre les femmes dans ce film-là et dans ce problème-là ».

Vu que le réalisateur donne très brièvement la parole à deux femmes qui ont aussi été violées, soudain il se rachète d’avoir trop donné la parole aux hommes ?

Et de quel « piège » parle-t-elle ? Le piège de parler des hommes détruits par le viol ? La seule vraie Cause noble est celle des femmes violées ?

Un homme, ça pleure aussi

J’espère que l’homme de 33 ans agressé par un abbé, qui est à l’origine de l’action collective de victimes contre le diocèse de Montréal, n’a pas entendu cette chronique.

Et s’il est en plus un « riche homme blanc », j’espère qu’il n’a pas entendu qu’à Radio-Canada on le considère comme une victime moins légitime qu’une femme noire... et pauvre.