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Pourquoi rions-nous?

Si «rire est le propre de l’homme», pourquoi le faisons-nous?

Overhead View Of Four Children Playing On Bed Together
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«Rire est le propre de l’homme», a écrit Rabelais en 1534. En regardant les airs bêtes de nos chats, on dirait bien que c’est le cas.  

Mais attention! Les femmes rient! Et, encore plus surprenant, certains animaux aussi! Les primates rient, les chiens partagent une forme de rire et même les rats rient!   

Qu’il est agréable de rire! Après une bonne rigolade, nous nous sentons énergisés à nouveau, et ce n’est pas pour rien. Le rire fait chuter les hormones de stress et augmente les neurotransmetteurs sérotonine et endorphine, ce qui contribue à notre bonheur et notre plaisir. En riant, nos muscles se détendent, notre pression diminue, le sang s’oxygène et notre système immunitaire est renforcé.   

Mais maintenant, pourquoi ça arrive? Pourquoi on a cette faculté d’expirer de l’air de manière saccadée, impliquant une foule de muscles partout dans notre corps, pour exprimer (notamment) quelque chose de drôle?   

Il y aurait trois théories qui expliquent pourquoi on rit. 

Si étonné qu'on rit 

La première est la théorie de l’incongruité. On s’habitue à une situation donnée et quand elle est perturbée (et, idéalement, qu’on sait que ce n’est pas grave), pouf, on rit.   

Exemple classique: des gens qui foncent dans des affaires.   

La leçon classique de l’écriture comique, à savoir d’inclure un élément de surprise à une situation donnée, est soutenue par la science du rire (la gélotologie, pour être précis).   

 «Hahahaha, aaaaah» 

La deuxième théorie est que rire apporte du soulagement. On le voit souvent dans des films: lors d’une scène solennelle ou tendue, un personnage pousse un crack pour détendre l’atmosphère. Et ça marche!   

 Ah! Sacré Pippin!  

On le sait, l’humour nous aide à faire face aux situations stressantes et rire agit alors comme une pause, plus ou moins longue, qui permet de décompresser. 

Petit rire de mépris 

Enfin, avouons-le, on rit parfois, car on veut rire aux dépens des autres. On se pense (à tort ou à raison) meilleur que les autres et ça y est, on ricane. C'est la théorie de la supériorité.   

Pensez à un adolescent qui rit de vous, de ce que vous aimez, qui rit de ses propres amis... qui rit de tout, en fait. On sait à quel point l’adolescence peut être difficile et maladroite et le rire de supériorité s’explique ici par le réconfort qu’il peut apporter.  

 On rit pour être ensemble 

Cela dit, ce ne sont pas que les ados désagréables qui rient par supériorité. Les adultes le font bien souvent aussi! Et la plupart du temps, ce rire peut être là pour former une connivence qui renforce le lien social avec nos compères.   

En fait, que nous riions de quelqu’un ou avec quelqu’un, nous renforçons les liens sociaux. Il semble que le rire existe d’abord et avant tout comme lubrifiant social. Une des preuves amenées pour démontrer la grégarité du rire est qu’il est très rare que nous riions tout seuls, alors que nous rigolons volontiers (et vraiment plus souvent qu’on pense) en groupe.   

 Alors, ici, on rit, car c’est incongru.  

Rire nous fait sentir dans la gang, rire nous donne un sentiment d’appartenance, rire réveille le sentiment de communauté. Et au-delà des bienfaits physiologiques du rire, c’est peut-être bien ses bienfaits sociaux qui sont les plus apparents. 

Quel plaisir de rire avec les gens qu’on aime! 

  

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