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19 ans de taule pour une sanglante folie meurtrière

Les proches des victimes ne s’en sont toujours pas remises

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Un jeune schizophrène qui était entré dans une folie meurtrière en abattant deux personnes en plus de tenter d’en tuer trois autres a écopé de 19 années d’incarcération, en plus d’être étiqueté « accusé à haut risque ».

« La maladie mentale ne peut pas tout excuser si l’on prend en considération qu’il consomme volontairement des stupéfiants [...] et ce, depuis son très jeune âge », a déploré la juge France Charbonneau, vendredi au palais de justice de Montréal.

Assis dans le box des accusés, l’air tantôt déterminé tantôt endormi, Frédérick Gingras n’a pas bronché quand la juge a décrit sa cavale meurtrière du 5 décembre 2016.

Un « déséquilibré »

Ce soir-là, l’accusé de 23 ans a abattu son ami James Jardin de deux coups de carabine, pour ensuite tenter de tuer une autre personne à Montréal.

La folie meurtrière de Gingras s’est transportée dans une station-service, où il a fait feu sur Chantal Cyr, une mère qui attendait la fin du quart de travail de sa fille. Puis, il est entré dans une maison, mais heureusement, la mère a réussi à fuir avec ses deux enfants.

bravoure

« On peut dire que son instinct de survie, sa présence d’esprit et sa bravoure ont sauvé sa famille, a noté la juge. Ces deux fillettes [...] seront sans doute marquées longtemps au fer rouge par la violence d’un déséquilibré qui, sans le savoir, a tout ravagé sur son passage. »

Gingras s’est ensuite pointé dans une autre maison afin de tirer sur l’occupant, qui a eu le réflexe de faire dévier l’arme pour éviter d’être atteint mortellement.

Frédérick Gingras avait été arrêté dans le quartier DIX30 à Brossard au terme d’une cavale sanglante en décembre 2016.
Photo courtoisie, Denis Germain
Frédérick Gingras avait été arrêté dans le quartier DIX30 à Brossard au terme d’une cavale sanglante en décembre 2016.

La cavale du meurtrier s’est terminée dans le quartier DIX30, à Brossard, quand les policiers ont finalement réussi à l’attraper. 

À la suite d’un accord entre les procureures Catherine Perreault et Sarah Sylvain-Laporte, ainsi que les avocats de la défense Kaven Morasse et Gaétan Bourassa, Gingras a plaidé coupable à deux homicides involontaires et trois tentatives de meurtre.

Douleur

Avant de rendre sa sentence, la juge Charbonneau a souligné toute la douleur que l’assassin avait causée auprès des proches des victimes « meurtries, incapables d’accepter le mauvais tour du destin ou de s’expliquer la mort gratuite d’une mère, d’une conjointe, d’une amie, d’une sœur, d’un fils ».

C’est donc pour protéger la société que la magistrate a condamné Gingras à 19 ans d’incarcération dans un hôpital psychiatrique tel l’Institut Philippe-Pinel. L’étiquette d’accusé à haut risque signifie pour sa part que si son état mental s’améliore un jour, c’est un juge de la Cour supérieure qui décidera s’il peut ou non être libéré.

« Je vous souhaite sincèrement d’aller mieux pour gérer les démons qui vous habitent », a conclu la juge, avant que Gingras ne reprenne le chemin de la détention.