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Rayonner à l’étranger

Appelle-moi si tu meurs
Photo courtoisie, Karine Dufour Appelle-moi si tu meurs

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C’est cette semaine que s’ouvre le MIPTV (8 au 11 avril), grand marché de la télévision à Cannes. Comme chaque année, les producteurs, diffuseurs et distributeurs y convergent afin de montrer leurs œuvres au monde, d’y faire des découvertes ou d’observer les tendances.

« Une trentaine d’entreprises ont confirmé leur présence et vont disposer de tables de rencontre sous l’ombrelle Québec Créatif de la SODEC, affirme Sophie Labesse, directrice générale des Services financiers aux entreprises et mesures fiscales de la SODEC. On essaie aussi de les accompagner pré-MIP afin d’évaluer, avec des consultants externes, leurs produits et de cibler les entreprises qui correspondent à leurs besoins. Il y a beaucoup de monde dans ce genre de marché, les coûts sont importants, alors il faut être efficace. »

Et parmi plus de 3000 exposants comment le Québec se démarque-t-il ? « Certaines de nos productions connaissent une belle portée et sont vues et récompensées dans différents festivals, elles offrent une qualité exceptionnelle par rapport aux budgets dont elles disposent, explique Mme Labesse. Et nos créateurs ont une capacité à raconter des histoires fortes. » Chez nous, des émissions peuvent atteindre des parts de marché de 25-30 %, ce qui est exceptionnel et qui donne des munitions supplémentaires pour attirer l’attention de diffuseurs étrangers.

Nos forces

« Au Québec, nous sommes très forts en série documentaire, en fiction, en jeunesse, en animation et en variétés, poursuit Sophie Labesse de la SODEC. Mais il faut faire beaucoup de rencontres ! Récemment, on annonçait que le format de 1res fois avait été acheté par Warner Bros. J’ai vu Louis-Philippe Drolet (producteur et cofondateur de KOTV) travailler très fort pour conclure cette entente dont les premières rencontres ont commencé il y a un an au MIPTV. » Même chose pour Révolution (Fairplay-Québecor contenu) dont le format s’illustre bien auprès de partenaires internationaux.

Les honorables
Photo courtoisie
Les honorables

Parmi les séries qui seront mises de l’avant, notons Victor Lessard, mais aussi Appelle-moi si tu meurs, Les honorables, Jenny et Bad blood. Cette dernière qui raconte l’histoire de la famille Rizutto est disponible sur Netflix. On découvre aussi que le quiz 100 Génies qui sera probablement de la grille de l’automne de Radio-Canada figure déjà parmi les projets présentés dans la section MIPFORMAT.

Vincent Leclerc dans Bad Blood
Photo courtoisie
Vincent Leclerc dans Bad Blood

Nos séries web se démarquent aussi, comme en témoigne la présence de Téodore pas de H et La maison des folles dans une section parallèle développée avec le MIP, Canneseries. Ces deux titres y sont présentés en primeur et compétitionnent dans la section des séries courtes. Trois des dix séries web qui y seront présentées sont canadiennes. Warigami complétant le trio.

Notre diversité

Le Pavillon du Canada sous la responsabilité de Téléfilm Canada contribue aussi à faire rayonner nos productions. Outre des habitués des marchés de la télé, Téléfilm fait aussi beaucoup de démarchage pour mettre de l’avant la diversité canadienne. « Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux partenaires qui représentent tout ce qui se crée au Canada, confirme Francesca Accinelli, directrice de la promotion et des communications de Téléfilm. Pensons aux productions autochtones par exemple. Nous avons fait la promesse de créer d’ici 2020 un portfolio de la diversité dans chacun de nos programmes. C’est important. Et nous avons des représentants talentueux qui méritent de se faire connaître. Au Canada, on représente tous les pays sans renier les origines de qui que ce soit. C’est une de nos forces. Et cette diversité est aussi la préoccupation de plusieurs pays. »

Bad Blood
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Bad Blood

Dans cette optique, Mme Accinelli cite des entreprises comme Mosaic Entertainment (Anarchy Anderson) et Buffalo Gal Pictures (Time out Tess) qui risquent d’attirer l’attention dans des sections jeunesse lors du MIPTV. Puis, Ebnerds Multi Media Entertainment (Life XP) de Vancouver. « Nous sommes dans une bonne période parce que des artistes de chez nous, comme Denis Villeneuve, Jean-Marc Vallée, Jean-Marc Généreux, sont en demande à l’étranger et aux États-Unis. Nous devons profiter de ces succès. »

Les retombées

Difficile de calculer les retombées exactes d’un événement comme le MIPTV, car plusieurs joueurs sont réticents à révéler leurs chiffres. La SODEC sonde toutefois ses participants afin d’évaluer la valeur des ventes. « Le volume d’affaires du MIPTV est évalué entre 6,6 et 10 millions de retombées (ventes, préventes, acquisitions), remarque Mme Labesse. La valeur du MIPCOM est plus importante, car elle englobe les marchés jeunesse et d’animation et plus d’une cinquantaine d’entreprises s’y inscrivent. On parle alors de 23 à 27 millions de volume d’affaires. » Preuve qu’il est important culturellement comme économiquement de se faire voir ailleurs !

Victor Lessard à la conquête du monde

Victor Lessard
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Victor Lessard

Lundi, la série produite par Pixcom pour Club illico sera présentée lors d’un événement majeur au MIPTV à Cannes. Le producteur Nicola Merola et l’auteur Martin Michaud y seront.

De mémoire, c’est la première fois qu’une série de fiction entièrement québécoise jouit d’une pareille visibilité. Victor Lessard a séduit ZDF Enterprises, distributeur allemand très important en Europe, et figure parmi les quelques projections attendues. « Tous les distributeurs se battent pour avoir accès à ces cases-là, confirme Nicola Merola, président et producteur de Pixcom. Le polar est très en demande et l’histoire de Martin Michaud est forte. La série a le potentiel d’exciter la planète ! »

Depuis une vingtaine d’années, Nicola travaille à développer des partenariats pour faire rayonner les productions qu’il produit à l’étranger. « C’est un investissement, mais l’international, il faut s’en occuper. Il y a de moins en moins d’argent en télévision. Et il faut un certain niveau de valeur de production pour se démarquer. Ce que j’aime c’est justement d’aller chercher de l’argent ailleurs pour le ramener chez nous afin de faire travailler les gens d’ici. Nous n’avions pas les moyens de tourner une 3e saison de Victor Lessard comme nous le souhaitions. ZDF Enterprises a rapidement eu envie d’embarquer et ils croient fermement au projet. Ils nous permettent d’avoir une distribution partout sauf en territoire anglophone. »

Victor Lessard
Photo courtoisie
Victor Lessard

Se diversifier

C’est donc la série québécoise telle que nous la connaissons qui sera montrée et proposée lors du marché et non un format. Patrice Robitaille et Julie Le Breton ne sont pas du voyage puisqu’ils sont déjà en tournage. Le fait que la série soit en français peut-il être un obstacle ? « Il y a 3 ans, la plupart des distributeurs ne cherchaient que des séries en anglais. Aujourd’hui, c’est différent. On l’explique en partie à Netflix qui a contribué positivement à la diffusion de séries dans des langues autres que la nôtre ou l’anglais. » Ceci étant dit, Pixcom travaille actuellement sur une version anglophone de Victor Lessard pour conquérir ce marché.