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Sauvons SNC-Lavalin

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Je n’en reviens pas de voir à quel point Andrew Scheer et ses conservateurs, de même que Jagmeet Singh et ses néo-démocrates, s’acharnent sur le dos de SNC-Lavalin. Ce qui génère dans les médias, surtout hors Québec, un vif sentiment d’hostilité envers la multinationale québécoise.

Bien sûr, il est de bonne guerre que les conservateurs et néo-démocrates attaquent Justin Trudeau et son entourage en raison des pressions « indues » exercées sur l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould afin qu’elle intervienne en faveur d’un accord de réparation visant à éviter à SNC le procès criminel intenté par le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC).

Mais de là à multiplier jour après jour les virulentes critiques laissant entendre aux quatre coins du Canada que SNC-Lavalin ne mérite pas de conclure un accord financier de réparation, je trouve cela complètement aberrant.

Voici pourquoi

Un, on aura beau s’acharner sur SNC, on ne peut pas jeter en prison une compagnie en tant que telle. Ni les dirigeants actuels puisqu’ils n’ont rien à voir avec les accusations portées contre la compagnie.

Deux, le grand ménage a été fait au sein de SNC alors qu’on n’y retrouve plus aucun des dirigeants impliqués dans les accusations de fraude et de corruption visées par le procès du SPPC.

Trois, conclure un accord financier de réparation est une pratique juridique reconnue notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Australie. Plusieurs multinationales accusées de fraude et/ou corruption ont ainsi sauvé leur peau respective en concluant de tels accords financiers de réparation avec les gouvernements.

Quatre, refuser à SNC la possibilité de conclure un accord de réparation c’est prendre en otage les 50 000 employés de la multinationale (dont 3400 au Québec et 5600 dans le reste du pays) qui n’ont rien à voir avec les scandales du passé.

Cinq, advenant un verdict de culpabilité lors du procès criminel que lui intente le SPPC, cela empêchera SNC de décrocher durant dix ans des contrats publics au Canada.

Six, si tel était le cas, SNC risque la grande déconfiture.

Les dommages

Et c’est le Québec qui écopera des plus grands dommages collatéraux s’il y avait verdict de culpabilité.

  • Démantèlement de l’entreprise
  • Perte d’un siège social
  • Pertes massives d’emplois
  • Mauvaise image du Québec à l’étranger
  • Des pertes boursières énormes pour la Caisse de dépôt et placement, le principal actionnaire de SNC

En raison du refus du SPPC de conclure un accord de réparation, le titre de SNC a déjà fondu de 45 % depuis son haut de juin dernier, faisant ainsi perdre 4,8 milliards aux actionnaires de la compagnie.

Lueur d’espoir ?

Après avoir viré ses deux ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Phillpott du caucus libéral, Justin Trudeau, électoralement parlant, n’a rien à perdre de plus avec son soutien à SNC-Lavalin

Et si jamais son nouveau ministre de la Justice, David Lametti, décidait, lui, de conclure un accord de réparation avec SNC, M. Trudeau sauvera au moins sa peau au Québec !

Dernier point : bravo ! au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui se porte lui aussi à la défense de la survie de SNC-Lavalin.