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Sabrina Philippe: se libérer enfin des liens toxiques

Portrait de Sabrina Philippe
Photo collaboration spéciale, Astrid di Crollalanza, Flammarion Sabrina Philippe

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Se pourrait-il que les rencontres que tout un chacun fait dans sa vie, les bonnes comme les moins bonnes, ne soient pas exactement le fruit du hasard? Dans un nouveau roman très personnel, Et que nos âmes reviennent..., la psychologue française Sabrina Philippe raconte à quel point il est important de se libérer des liens toxiques – même ceux qui datent de très longtemps – pour enfin retrouver une paix intérieure.

Son roman décrit l’histoire d’amour toxique entre une psychologue et un séduisant avocat à l’international.

Une attirance mutuelle les invite à mieux se connaître, mais lorsqu’il lui propose de faire vie commune, tout change.

De charmant et intéressant, il devient fermé, dur, exigeant, parfois même violent. Peu à peu, son racisme et son intolérance deviennent évidents.

Son lent travail de sape fait en sorte que la psychologue, qui devrait pourtant être capable d’analyser ce qui se passe, finit par s’excuser de tout et s’éteint peu à peu.

Un jour, elle réalise que c’est assez. Pour comprendre, elle se questionne sur beaucoup d’éléments étranges qui les lient l’un à l’autre, et qui semblent traverser le temps.

Des réminiscences de la Seconde Guerre mondiale font surface, et les morceaux du puzzle s’assemblent quand elle commence à se pencher sérieusement sur le sujet. Les liens toxiques, découvre-t-elle, ne datent pas d’hier...

Sabrina Philippe, en entrevue, confie qu’elle avait abordé le thème de la réincarnation­­­ dans son roman précédent, mais pas de cette façon.

«On parle beaucoup de lumière, notamment dans la spiritualité, mais je voulais parler de l’ombre aussi. L’ombre qui est en nous et qui est à l’extérieur de nous.»

L’ombre, dans son livre, fait référence également à la Seconde Guerre mondiale, au racisme, à l’antisémitisme.

«C’est très présent, et c’est d’autant plus présent aujourd’hui puisque nous vivons des heures qui ressemblent aux années 1930. C’est très inquiétant, ce qui se passe, parce que ça rappelle les heures sombres de l’histoire.»

Relations toxiques

Le thème des relations toxiques, qu’elle aborde en parallèle, est universel­­­.

«La première phase est toujours belle... on croit qu’on a rencontré le prince ou la princesse charmante. Il y a toujours cette phase idyllique avant que les choses se dégradent», prévient-elle.

«Je le dis dans le livre : le propre du piège, c’est de ne pas le voir, tant qu’on ne l’a pas effleuré. On ne voit pas et petit à petit, on rentre dans une sorte de piège. Quand on se réveille, on est pris, on est dedans et on a déjà perdu une estime de nous-mêmes. On a déjà perdu des forces. Et c’est ça aussi qui peut empêcher de partir.»

Ce qu’elle écrit reflète la réalité : empêtrés dans des relations nocives, les gens tombent malades, font des dépressions.

«C’est une histoire qui est très inspirée de faits réels, tu l’auras compris», dit-elle.

On sent en effet que ce qu’elle raconte est très personnel, sans esprit de vengeance.

«Aux personnes qui sont aux prises avec ce type de relations, je dis : regardez­­­ à l’intérieur de vous, pour voir pourquoi ce lien toxique vient se nouer. Souvent, c’est le petit enfant en soi qui veut de la reconnaissance, qui veut être aimé.»

Écrire pour soigner

Sabrina Philippe écrit pour soigner, dit-elle. «Je crois que c’est le maître-mot. Je suis une thérapeute dans l’âme, et même quand je fais des interventions à la télé ou à la radio, c’est pour soigner. Je me dis toujours qu’il y a peut-être une phrase, un mot qu’une personne va entendre, qui va lui permettre soit de faire une thérapie, soit de comprendre quelque chose.»

  • Sabrina Philippe est psychologue, rédactrice et chroniqueuse pour des émissions de radio et de télé en France.
  • Elle a écrit le best-seller Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part.
  • Elle rencontrera les lecteurs au Salon international du livre de Québec.

EXTRAIT

Et que nos âmes reviennent..., Sabrina Philippe, Éditions Édito, 272 pages
Photo courtoisie
Et que nos âmes reviennent..., Sabrina Philippe, Éditions Édito, 272 pages

«S’il est facile aujourd’hui de pouvoir décrire ce mécanisme implacable, j’étais incapable alors de voir, dans sa globalité, ce qui se tramait si subtilement­­­.

D’autant que dès qu’il sentait que j’accédais à un certain niveau de conscience, me faisant entrevoir l’issue salutaire d’une rupture, il se montrait à nouveau sous un jour charmant, effaçant par un sourire son visage tendu, par un cadeau, ce qu’il m’enlevait chaque jour. Et ainsi, j’entrai dans une confusion totale quant à ma capacité de penser, de juger, et même de ressentir­­­.»

Sabrina Philippe, Et que nos âmes reviennent..., Éditions Édito