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Virage végé de la restauration rapide

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Q : Burger King vient de lancer un burger végétarien. Est-ce une bonne décision d’affaires ?


R : Absolument ! Et la maison mère, Restaurant Brands (QSR), qui chapeaute aussi Tim Hortons, représente un investissement attrayant.

Environ 7 % des Canadiens se considèrent comme végétariens. Conséquemment, A & W introduisait l’été dernier un burger végé produit par Beyond Meat, une firme de génie génétique de la Silicon Valley.

Burger King n’entend pas se laisser distancer. La chaîne offre son propre BK Veggie Burger, produit par Morningstar Farms, une filiale de Kellog’s.

Le marché est immense. Tellement, que Burger King teste une version végé de son iconique Whopper dans des centaines d’établissements américains, produit par Impossible Burger, un concurrent de Beyond Meat. Clients et dirigeants de la chaîne affirment qu’on ne peut distinguer à l’aveugle le goût d’un Whopper végé d’un autre à la viande. Les ventes dépasseraient déjà les attentes.

Repositionnement

La stratégie du burger végé fait partie du repositionnement récent de Restaurant Brands International, un holding qui chapeaute plusieurs bannières, dont Burger King, Tim Hortons et Popeyes Louisiana Kitchen.

Lorsque Tim Hortons, une icône du Canada anglais, est passée sous le giron de Restaurant Brands, en 2014, l’acheteur a déménagé son siège social à Toronto pour des raisons fiscales. Restaurant Brands est le cinquième opérateur mondial de restaurants, derrière Subway, McDonald’s, Starbucks et Yum ! Brands (PFK, Pizza Hut, Taco Bell). L’actionnaire principal est 3G Capital, un fonds d’investissement brésilien qui a comme partenaire Berkshire Hathaway, le holding de Warren Buffett.

Restaurant Brands, qui gérait 25 744 établissements en février, est reconnu pour sa gestion agressive des coûts d’exploitation. Un conflit en ce sens avec ses franchisés Tim a fait la manchette l’an dernier.

Début 2019, Restaurant Brands haussait son dividende à 2 $ l’action, pour un rendement de 3,05 %. Le cours/bénéfice est de 27,48. L’entreprise a des revenus de 5,36 G$ US, un flux de trésorerie de 1,2 G$ US et une dette de 12,2 G$ US.

Trop tard ?

Certains pensent qu’il est trop tard pour acheter le titre, qui a grimpé de 19 % depuis janvier. Mais Restaurant Brands s’apparente de plus en plus à une fiducie de revenu, canalisant environ 50 % de ses revenus sous forme de dividendes. Ce qui laisse moins de liquidités pour les opérations et, surtout, la croissance. Cette dernière, assez agressive (plus de 1800 établissements ont été ajoutés en 2018 seulement), sera-t-elle financée par un endettement accru, qui est déjà élevé ?

Ces chiffres traduisent surtout le fait que Restaurant Brands est désormais presque un blue chip, favorisé par une économie nord-américaine qui tourne à pleins gaz. Et son nouveau président, Daniel Schwartz, est connu pour avoir spectaculairement redressé Burger King. Il a récemment révélé être en mode acquisitions (dont, peut-être, Papa John’s, qui est en difficulté).

Entre-temps, les ventes de magasins comparables ont progressé de 1,9 % chez Tim, 1,7 % chez Burger King et 0,1 % chez Popeyes l’an dernier. De plus, Tim Hortons vient d’introduire son très attendu programme de fidélité... Une galette de pommes de terre avec ça ?


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